Et voilà, nous sommes en 1986, année où j'ai décidé de me rendre beaucoup plus loin que d'habitude, au Japon, ente autre par ma propre fascination pour ce pays, et aussi par le nombre d'élèves qui en provenaient directement - ce qui était assez courant à l'ENMDP, dont j'étais l'un des professeurs...
Après avoir visité Tôkyô et Kamakura, je décidais donc de me rendre sans plus tarder au célèbre Mont Fuji - soit Fujisan (富士山) dans la langue en question, et non pas Fujiyama, comme on a la mauvaise habitude de le dire en français...
Comme vous le savez sans doute, il s'agit d'un volcan assez haut (3776m), pour tout dire le point culminant du Japon, et qui daterait de 100000 ans ! Je fus accompagné dès le matin par la mère d'une élève, Mme Hamada, qui me déposa assez vite à la station Gotemba (御殿場) - c'est à dire l'un des points de départ de la route la plus longue pour monter au sommet, mais aussi la plus calme :
En fait, il existe au total quatre chemins, dont le plus facile (et le plus fréquenté, complètement à l'ouest !) se nomme Yoshida-Guchi (吉田ルート), et deux autres appelés Fujinomiya-Guchi (富士宮ルート) et Subashiri-Guchi (須走ルート)... Mais tous sont pour ainsi dire dépourvus de végétation, qui n'a pas réussi à se régénérer depuis la dernière éruption en 1707 :
Nous voici donc au commencement du plus à l'est de tous, Gotemba-Guchi (御殿場ルート), réputé pour son départ à 1450m, bien plus bas que les autres... Et même s'il attire au début bon nombre de gens, ils ne vont pas tarder à disparaître :
Pour nous laisser seul face à ces panneaux isolés :
Mais aussi face à ce très beau coucher de soleil :
J'ai ainsi passé ma première nuit dans un refuge… Qui devait se trouver au Shichi-Gôme - ce qui veut dire "sept", le nombre de stations comprenant la route allant de cinq (le départ) à dix (le sommet) :
Dès le lendemain, je me dirigeais vers un second refuge, le Warajikan, caractérisé par ses pierres alignées sur le toit :
Où pour une fois, je me suis pris en photo - ce qui fait toujours plaisir, mine de rien, presque quarante ans plus tard :
Après une bonne et courte nuit, nous partîmes enfin pour la cime - sans au passage croiser plusieurs portes shintoïstes, une religion bien plus ancienne au Japon que le bouddhisme, importé de Chine en 538 :
Après quelques heures de marche, nous étions rendu au fameux cratère sommital - très creux et très large, mine de rien, mais qui n'a plus connu de violente éruption depuis celle d'Hôei, en 1707 :
C'est l'occasion de prendre une autre photo, non ? Derrière nous, le cratère du mont Fuji, qui se résume par sa profondeur d'environ 200 mètres, et sa largeur de quasiment 600 mètres de diamètre :
Ceci date de 1986, mais c'est bien loin après la première ascension, qui fut entreprise en 663 par le moine bouddhiste En no Gyôja… Cela n'empêcha pas les shintoïstes de bâtir là-haut l'un de leurs plus grands temples, Asama-Jinja (浅間神社) :
Ce qui peut inciter quelqu'un à admirer la sandale du Daibutsu - telle qu'elle se présente sur la statue du même nom à Kamakura :
Le premier étranger, l'anglais Sir Rutherford Alcock, dut par contre attendre jusqu'en 1860 pour effectuer sa première ascension, suivi peu de temps après par quelqu'un du même pays, Harry Smith Parkes, qui le gravit en 1867…
Mais il était accompagné par son épouse, Fanny Parkes, et contribua grandement à faire lever l'interdiction qui existait alors vis-à-vis de toutes les femmes de s'attaquer au sommet - tout cela à cause de leur impureté due à la menstruation !
Peu à peu, l'ère Meiji se montra donc nettement plus ouverte aux politiques étrangères, installant même peu à peu une station scientifique de haut vol :
Heureusement que j'avais suivi la route de Gotemba-Guchi (御殿場ルート), la plus déserte, car la route opposée de Yoshida-Guchi (吉田ルート) à l'ouest était pleine de monde - pour ne pas dire plus :
Comme quoi, j'étais tranquille pour bien regarder cet observatoire, bâti en 1964 - qui malheureusement ne sert plus beaucoup de nos jours :
Cela me servait néanmoins de prétexte pour utiliser le téléphone - et oui, à une époque où les portables n'existaient pas encore ! -, pour prévenir mes parents que tout allait bien, et qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter :
Soyons ému, avec une ultime vue sur l'observatoire et l'Asama-Jinja :
Puis préparons-nous au cri de "Gezan" - le descente de la montagne -, suivi peu de temps après par l'étonnante expression "Jukai, Jukai !" - qui signifie en fait "La mer des arbres" :
Voulez-vous encore quelque chose de vraiment fascinant ? Je veux bien sûr parler du peintre japonais Hokusai (1760-1849), un graveur d'estampes qui a au moins laissé ces quatre œuvres splendides :
Enfin bon... Maintenant que j'étais bien entraîné aux montagnes japonaises, il me restait encore un bon tour à faire sur les Alpes du Nord (北アルプス), qui se nomment également les monts Hida (飛騨山脈)... Une fois excepté le Fujisan, le plus haut massif du Japon, situé juste à l'ouest de Matsumoto, au nord de Tôkyô.
Libellés : 1986, Fujisan, Japon, Montagne
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