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  • jeudi, mars 04, 2010

    LUGUBRE GONDOLE...

    Pas la mienne, je précise !
    En tout cas, pas pour l'instant (je l'espère, du moins)... Mais en revanche, celle que le très grand compositeur Franz Liszt (1811-1886) a imaginée en 1882, en songeant à la future mort de son ami Richard Wagner à Venise (1813-1883), qui s'est effectivement produite en cet endroit un an plus tard, comme s'il s'agissait d'une réelle prémonition...
    Et rien que pour ceci (proche, en ce cas de prémonition, des sublimes - mais très sinistres - Kindertotenlieder de Gustav Mahler), toujours est-il que j'adore ce géant morceau d'une dizaine de minutes, disons au bas mot depuis une bonne trentaine d'années :


    Je le joue encore plus lentement que ce (sûrement) très jeune Christian Gallot, mais en gros, je m'en souviens toujours très bien "par cœur", tellement ceci s'avère plutôt facile - au moins de cet unique côté, lol !

    Très étonnant, du reste, de la part de notre fameux Franz Liszt, qui durant sa jeunesse s'est toujours révélé un personnage très séduisant, extrêmement virtuose au piano, ainsi que vis-à-vis des femmes (on lui en connaît environ 80, mais ça, de mon humble avis, et de celui de pas mal d'historiens, ce sont juste celles qui ont duré suffisament longtemps pour que des témoins les enregistrent, lol) !

    Bon, OK, plus tard, en se tapant les 75 ans à l'époque de l'invention de la photographie, ceci ne donne pas le même effet, certes... Mais ceci dit, déjà arriver tranquille à 75 ans, en se la jouant toujours aussi bien (sinon encore mieux) et en se gardant tous ses cheveux, même si blancs, là, maximum respect !

    Surtout que ce Monsieur a quasiment presque tout inventé concernant la musique "moderne" (entre autre avec cette fameuse Lugubre Gondole, qui frise franchement l'atonalité, de temps en temps), sans parler du fait que Wagner lui a pratiquement tout "volé", en prime sans même que Liszt ne lui en veuille jamais, incroyable, n'est-ce pas ?

    Mais bon, pour les gens "civilisés" qui aiment bien, très jolie combinaison, il faut bien l'avouer (la sensualité des trois planètes en Balance, associées à l'immense puissance de l'ascendant Lion, très efficace, dans le genre) :

    Là, je vais tout de même en dire un peu plus au sujet de cette fameuse Lugubre Gondole (un peu "hard", là, vu qu'aucun extrait de partition n'a eu l'air de se trouver sur le Net, il a donc bien fallu que je scanne tout de ma propre personne, lol) !

    Alors bon, peut-être que ceci ne branchera que les "vrais" musiciens, mais ce morceau reste tout de même assez géant, ne serait-ce qu'avec son introduction... Où les accords très lents de septième diminuée (descendant à chaque fois d'un demi-ton) semblent illuminer le très vague et très lent mouvement de la Mer de Venise, tandis que chaque phrase de la main droite (remontant d'une seconde majeure à chaque fois, basée elle aussi sur le même accord, suivant ce que l'on nomme, depuis Olivier Messiaen, les "modes à transposition limitée") paraît décrire la tristesse de l'homme qui regarde son ami défunt :

    Jusqu'à ce que l'on finisse par avoir, en fin de compte, la véritable "sensation" que le corps parte définitivement sur la gondole, avec cette sublime "pseudo-modulation" en Fa mineur (traitée de façon encore bien plus "barge" et plus "atonale" dans la Première Lugubre Gondole) :

    Et peut-être, grâce à ce passage assez magique du milieu (en Fa# Majeur, troisième ligne, malgré la "fausse" orthographe de Ré Majeur), que le corps finira au bout du compte à s'approcher du Paradis :

    N'empêche que la fin de ce morceau m'a toujours semblé très sombre, à juste titre, du reste... Après avoir imaginé le passage au Paradis du défunt, Liszt persiste néanmoins à regretter sa mort et à le pleurer sans cesse :

    Deux choses très hallucinantes dans cette ultime page : 1) Le fait que Liszt déplace ses accords de sixte mineure parallèlement de demi-tons par demi-tons, avec une grosse mélodie "dissonante", comme pour un dernier "pleur", très frappant, je trouve... 2) Le fait que toute la fin de son morceau se base sur une unique voix axée sur la gamme par tons (avec néanmons le sol bécarre presque perceptible comme la "note sensible" de l'ultime sol dièse) !

    Bref, en résumé, ce morceau reste absolument incroyable, quoi...

    Aber Achtung pour les pianistes like me : sûr, on peut l'apprendre par cœur en moins d'une heure ou deux, et il n'y a visiblement aucune difficulté technique...
    Par contre (problème édifiant, lol !), c'est qu'il faut en permanence faire attention au phrasé, à l'expression, et (encore plus que d'habitude) à l'usage extrêmement délicat de la pédale droite...

    Adoncques, ça a l'air "fastoche".. Mais bon, en résumé, ceci ne l'est pas tant que ça, au bout du compte, lol !

    N'empêche : c'est trop géant, ce morceau !!!

    Je l'adore, depuis au moins une trentaine d'années...

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    10 Comments:

    Anonymous Rémy said...

    C'est dingue cette histoire de prémonition !
    Mais, tu dis que Liszt n'en a jamais voulu à Wagner de l'avoir "plagié", mais peut-être qu'il a justement écrit cette oeuvre en souhaitant sa mort, hein ?! haha
    Liszt avait peut-être vendu son âme au diable, ça expliquerai son succès terrifiant auprès des nanas et au niveau musical, qui sais ?

    Bon, je plaisante (un peu) là.
    Par contre, pour la suite et l'explication de partition, je comprends les métaphores et compagnie, mais les histoires de demi-tons et de modulation, je suis largué ! (Les batteurs ne savent rien faire d'autre que de frapper, à ce que l'on dit, donc...)

    vendredi, 05 mars, 2010  
    Anonymous Fabienne said...

    La musique de Liszt, c'est la musique avec un grand " M", avec lui on ne peut pas faire autre chose que d'écouter; La Lugubre Gondole, je vais me la travailler, ça me donne très envie et me fait rappeler que je dois absolument travailler Liszt; car j'adore sa musique, qui va très loin; ce que tu as mis en extrait, c'est la Lugubre Gondole, c'est ça? Sinon quel moment paisible, je pense que c'est super aussi pour celui qui joue, car là il faut beaucoup écouter, on doit apprendre beaucoup, justement sur l'écoute, et moi ça me ferait beaucoup de bien

    vendredi, 05 mars, 2010  
    Blogger Vincenttheone said...

    Rémy@ : Hahaha, oui, peut-être que Liszt avait vendu son âme au diable, mais en tout cas, il a bien dû tenter de se rattraper, tellement il est devenu de plus en plus catholique vers la fin de sa vie !
    Avec entre autres, cette oeuvre chorale totalement barrée elle aussi, Via Crucis...

    samedi, 06 mars, 2010  
    Blogger Vincenttheone said...

    Fabienne@ : Oui, vas-y, travaille ça, tu verras, il n'y a pratiquement aucune difficulté technique, en plus, l'apprentissage par coeur est très facile, mais il y a par contre d'autres difficultés de son, de phrasé, de pédale, etc...
    Mais techniquement, vu ton niveau, tu n'auras absolument aucun mal !!!

    samedi, 06 mars, 2010  
    Anonymous Fabienne said...

    Et je te tiens au courant dès que j'ai la partition, je viendrai te voir pour la travailler avec toi, bisous

    dimanche, 07 mars, 2010  
    Blogger Vincenttheone said...

    Merci bien, dans ce cas !
    Mais vu que je joue cette pièce fabuleuse depuis une trentaine d'années, il y a pas mal de risques pour que je me montre assez "chiant", sur ce coup, DSL par avance...

    lundi, 08 mars, 2010  
    Anonymous Fabienne said...

    Pas grave du tout, au contraire; et sinon aujourd'hui j'ai entendu le 2nd mvt de la 6e symphonie de Bruchner, c'est énorme tellement c'est beau, bref y'a trop de choses à découvrir, je sais que tu aimes particulièrement Bruchner...

    lundi, 08 mars, 2010  
    Blogger Vincenttheone said...

    Achtung, cela s'écrit Bruckner, et non pas Bruchner (ceci dit, de mon côté, j'ai aussi fait très longtemps la faute de l'écrire Brückner, avec de faux "trémas") !
    Curieux, les hasards...
    Parce qu'aujourd'hui vers midi, juste avant de partir à l'ENMP, je me suis déchiffré les deux premiers mouvement de la Septième Symphonie (quelques passages un peu "hard" à cause des tubas ténors, 2 en Fa, 2 en Si bémol, mais dans l'ensemble, c'est faisable, parce qu'ils jouent assez rarement), et je me la suis réécoutée "à fond" le soir même sur la chaîne stéréo, bref, c'est énormissime, cette musique...
    Et je suis particulièrement d'accord avec toi concernant le second mouvement de la Sixième, surtout arrivé peu après la lettre "D" (mes. 53), avec un thème d'une abnégation et d'un altruisme incroyables... Plus ça va, et plus j'adore cette musique "infinie" !

    lundi, 08 mars, 2010  
    Anonymous Zoun said...

    Dis donc... on en apprend des choses ici! Ca va devenir mieux que Arte si ça continue! ^_^

    mardi, 09 mars, 2010  
    Blogger Vincenttheone said...

    Bah, mieux que Arte, j'ai quand même des doutes, là...
    N'empêche qu'histoire de "transposer" les choses niveau cinéma, rien que ces deux dernières semaines, je me suis revu deux ou trois fois l'hallucinant Voyage au Bout de l'Enfer de Michael Cimino (près de trois heures, tout de même), et rien à dire, quoi : c'est exactement comme une longue Symphonie de Bruckner, tout simplement...
    Peu de moyens, peu d'éléments, une grande lenteur, mais le sens "profond" de la vie analysé à 200%, bref, ce film est trop géantissime, en résumé !

    mercredi, 10 mars, 2010  

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