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  • vendredi, février 20, 2009

    DE LA BEAUTÉ...

    Et aussi, de la rédemption...
    D'une façon générale, je n'aime pas trop relayer sur mon Blog les petites anecdotes que les gens me font parvenir en copies groupées (autrement dit, sans même savoir comment faire des mails en "cci", ce qui craint, n'est-ce pas ?), mais là, pour une fois, l'histoire s'avère tellement édifiante, et concerne tellement ma vie personnelle et mon métier quotidien, que je ne pouvais tout simplement pas NE PAS vous la faire partager. Adoncques, très instructif :
    Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station Enfant Plaza du métro de Washington. Il a commencé à jouer du violon. C'était un froid matin de janvier dernier. Il a joué durant 45 minutes. Pour commencer, la Chaconne de la 2ème Partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet, et à nouveau, du Bach.

    À cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail. Au bout de trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes, puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : tout en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Peu après, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter, mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était visiblement très en retard !

    Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon d'environ trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé, remué, mais l'enfant s'est arrêté pour regarder et écouter le violoniste. En fin de compte, la mère l'a secoué et agrippé brutalement, afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui ont donné de l'argent tout en continuant leur marche. Il a donc, au final, récolté 32 $ !

    Personne ne l'a remarqué quand il eut fini de jouer, et bien sûr, personne ne l'a applaudi... Sur plus de mille passants, un seul l'a reconnu. Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement l’un des plus grands violonistes de la planète, qui a joué dans ce hall certaines des partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius de 3,5 millions de dollars (Bon, certes, ceci n'a rien à voir, mais c'est une Viole d'Amour que j'ai trouvé tellement belle cet été, dans la patrie même des luthiers, Mittenwald, que je n'ai pas pu résister) :

    Deux jours avant de jouer dans le métro, sa future prestation au Théâtre de Boston était déjà SOLD OUT, avec des prix avoisinant les 100 $ la place !

    C'est (bien sûr) une histoire vraie. L'expérience a été organisée par le très célèbre Washington Post, dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient les suivantes : Dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas assez de temps pour nous arrêter et écouter l'un des meilleurs musiciens du monde, jouant pour nous gratuitement quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, en prime sur un Stradivarius de 3500000$, à côté de combien d'autres choses pouvons-nous passer ?

    Bref (me revoici !) : Édifiant, non ? Et triste à en pleurer, n'est-ce pas ?

    Tiens, d'ailleurs, à propos de pleurer, il me semblait bien avoir aussi parlé de "rédemption", au tout début de ce Post... Un concept "difficile" pour un film "difficile", juste parce que je viens de me revoir "en boucle" ce chef-d'oeuvre absolu d'Abel Ferrara, BAD LIEUTENANT, tout juste à découvrir sur mon Site de Cinéma, en parallèle avec le tout aussi génial THE KING OF NEW YORK (du même auteur), sur lequel vous avez été si nombreux à laisser des commentaires (ce dont je vous remercie, bien évidemment) :

    Attention (en tout cas, si vous êtes comme moi) : prévoir absolument la boîte de Kleenex à portée de main, lol !

    Petit P.S : Un grand merci à mon collègue (et néanmoins ami) Pierre Catala, pour m'avoir fait parvenir cette petite histoire si instructive, si édifiante, et si tragique en même temps...

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    8 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Oui super belle histoire! Ca fait bien réfléchir, il faudrait la relire chaque matin au réveil !! :)
    Biz
    Cha

    dimanche, 22 février, 2009  
    Anonymous Fabienne said...

    Incroyable!!!! En fait Joshua Bell, je l'adooooore, je l'ai découvert cet été (il a joué récemment à la salle Pleyel, je n'ai pas pu y aller), il a un son de folie, la première fois que je l'ai entendu, je suis restée tout de suite collée sur mon siège, c'était en quintet avec piano, un truc de malade. La passion se lit sur son visage, d'ailleurs on le voit bien dans la deuxième photo que tu as mise.
    C'est vraiment fou cette histoire, ça veut dire peut-être que les gens ont besoin d'être dans un certain contexte pour apprécier le beau, ou alors ont-ils besoin qu'on les dirigent.
    En tout cas l'expérience est dingue.
    Merci de l'info, car c'est très intéressant...
    à plus
    fab

    dimanche, 22 février, 2009  
    Anonymous jerome said...

    L'histoire ne nous dit pas ce que Joshua a fait de ses 32 dollars ;-)

    lundi, 23 février, 2009  
    Blogger Vincenttheone said...

    Bah, peut-être qu'il a investi dans un violon chinois, histoire de voir si ça ne sonnerait pas mieux que ces vieilleries de Stradivarius...

    lundi, 23 février, 2009  
    Anonymous Vinya said...

    Triste histoire. Si on remarque bien, y'a que les âmes d'enfants qui ont voulues s'arrêter ;) Comme quoi plus on vieilli, moins on devient sensible à se genre de chose et plus on est "encadré" par des règles précis.
    enfin en général!

    jeudi, 26 février, 2009  
    Blogger Vincenttheone said...

    Certes... Bon. Je crois que je l'ai déjà plusieurs fois raconté sur ce Blog, mais je me souviens encore qu'à l'âge de quatre ans, je me repassais en boucle (tel l'obsessionnel que je suis toujours, lol !) les Toccatas et Fugue de J.S.Bach, sans jamais pouvoir m'arrêter !
    Alors oui, peut-être que les enfants ont une âme plus réceptive, ou en tout cas un cerveau pas encore "calibré" par toutes les conneries de l'âge adulte...
    Malheureusement, cet état de chose disparaît souvent passée l'adolescence, et c'est évidemment très dommage !

    jeudi, 26 février, 2009  
    Anonymous Anonyme said...

    C'est pour ça que je les embrigade à 3 ans, les chers petits gosses que je garde ^^ Blague à part, l'histoire est triste mais pas vraiment étonnante.

    dimanche, 01 mars, 2009  
    Blogger Vincenttheone said...

    Peut-être aussi que c'est une question de contexte et de pays ?
    Quand j'étais à Münich cet été, il y avait des groupes de (bons) musiciens classiques à peu près tous les cent mètres dans la rue, et je peux t'assurer que les gens s'arrêtaient pour les écouter !

    lundi, 02 mars, 2009  

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