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  • jeudi, août 30, 2007

    LA SIXIÈME...

    ...commémoration de Lady Di ?
    Meuh non... Tout simplement l'article (ambitieux) que je vous avais promis il y a quelque temps au sujet de la Sixième Symphonie d'Anton Bruckner, oeuvre d'une dimension épique monumentale que je n'arrête pas d'écouter en boucle depuis mon retour d'Autriche (sans oublier, bien sûr, d'alterner avec les N°5, 7, 8 & 9 du même Monsieur).
    Comme j'ai bien conscience que certains aspects techniques de la chose ne seront pas tout à fait du goût de mes lectrices habituelles, et comme j'espère (malgré tout) être encore un peu pédagogue quelque part, je vais pour une fois tenter un exercice de style à double niveau, en laissant en bleu les parties lisibles facilement par tout le monde, et en rose celles bien plus ardues (que vous pourrez toutefois survoler rapidement si vous souhaitez vous faire une vague idée de la complexité et de la subtilité que peut parfois atteindre la musique dite "classique", surtout comparée aux "musiques actuelles").
    Commençons par une brève présentation du Monsieur (1824-1896, soit bien avant Brahms, contrairement à une idée reçue bien ancrée), doté d'un physique plutôt ingrat, on va dire, ce qui l'éloignera hélas toujours - entre autres raisons - de la princesse Lady Di :

    Né sous le signe de la vierge, il le restera d'ailleurs jusqu'à la fin de sa vie, partagé entre le métier initial d'organiste, puis d'instituteur, enfin (seulement à partir de quarante ans) de symphoniste et de professeur au conservatoire de Vienne, où il aura entre autres comme élève le fameux Gustav Mahler (1860-1911). Datant de 1879 (soit à l'âge de 55 ans déjà), la Sixième Symphonie n'est sans doute pas la plus populaire de toutes, mais c'est néanmoins l'une de celles que je préfère, avec son premier thème absolument monumental, qui à très certainement inspiré (même inconsciemment) la musique du film Lawrence d'Arabie :

    I) Comme tout créateur, qu'il s'agisse de Mozart, de Lennon ou de Björk, chaque compositeur a bien évidemment ce que l'on appelle des "tics" d'écriture, des formules favorites qui le caractérisent plus que toute autre chose. Chez Bruckner, ce sont notamment ces vastes périodes obsessionnelles et quasi angoissantes qui précèdent généralement les réexpositions :

    Ainsi que cette complexité rythmique typique de ses seconds thèmes, qui donne vraiment l'impression de flotter sur une "mer agitée" (j'adore... et notamment, ms 271 sq, c'est de la folie pure, quand même, non ?) :

    Si vous voulez savoir ce que j'entends par l'expression "flotter sur une mer agitée", voilà, ça se trouve juste au début de cette vidéo ("Sir" Georg Solti, tout de même, qui pourtant n'a jamais réussi non plus à se faire Lady Di, malgré son titre de noblesse). Si le décompte Youtube est exact, vous pourrez aussi entendre à 8:37 ce que je décrivais comme "périodes obsessionnelles", et jouir en prime du fameux thème "Lawrence d'Arabie" à très exactement 8:22 :

    II) Vient ensuite le sublimissime Adagio, pour lequel je n'ai pu hélas vous trouver aucun extrait musical - et c'est fort dommage, croyez-moi, car c'est en réalité le sommet "mystique" de cette symphonie ! Celui-ci s'ouvre par un magistral thème de choral presque digne de Bach (n'ayons pas peur des mots), rapidement accompagné d'un contrepoint plaintif au hautbois, qui deviendra d'ailleurs l'un des thèmes principaux du dernier mouvement :

    Suivi d'un thème absolument idyllique en Mi majeur, dont Mahler saura maintes fois retrouver les accents (à noter le subtil jeu de diminution/augmentation entre les parties de violoncelles et de violons) :

    Ainsi que d'un troisième thème absolument magique, thème qui représente pour moi l'essence même de la "compassion", d'une infinie douceur :

    Et pour finir, autre "tic" de langage (mais qui fait son effet à tous les coups), la réexposition aux cuivres accompagnée par les cordes divisées en sextolets, crescendo monumental & très impressionnant, où l'on sent en même temps l'organiste rivé à son buffet, en train d'actionner toutes les tirasses petit à petit :

    III) Bon. Je m'en voudrais d'avoir l'air d'abandonner tout le monde, là... Alors revenons au troisième mouvement (Scherzo), sous la baguette magique du grandiose Sergiu Celibidache, et cette fois dans son intégralité (attention, ne vous inquiétez pas si le morceau met près de 40 secondes à démarrer ; mais profitez-en plutôt pour admirer le perfectionnisme que met ce grand professionnel avant d'obtenir l'ambiance et la concentration voulues !) :

    Quelques grands moments : le tout début, qui commence "en catimini" dans une ambiance de chasse à courre, comme fréquemment chez le Maître (8:12) :

    L'explosion des cuivres (la "meute") très peu de temps après (7:57) :

    Et pour finir - une rareté chez Bruckner - le Trio plutôt enjoué, à base de légères cordes pizzicato et de sonneries de cors victorieuses (5:24) :

    IV) Concluons avec le Finale (oui, je sais, c'est certainement un pléonasme), très réussi dans son ensemble, notamment dans son brassage de la plupart des thèmes entendus précédemment, mais où il y a un passage qui me "cloue" toujours littéralement, autrement dit l'entrée totalement théâtrale des cuivres (quatre cors, trois trompettes) à la mesure 23 :

    Malheureusement, je ne suis pas parvenu à vous trouver ce passage sous Youtube (comme je vous l'ai dit, cette symphonie n'est pas la plus populaire du Maître), mais j'ai par contre réussi à vous choper toute la fin, qui se révèle dans sa progression d'un enthousiasme absolument contagieux, une pure explosion de joie et de vitalité telle que seuls les grands mystiques tels que Bach peuvent les réussir (à preuve, c'est que Mahler ne parviendra jamais par la suite à convaincre avec les fins "glorieuses" de ses symphonies N°5 & 7, par exemple, alors qu'il fera merveille dans le terrible dernier mouvement de sa propre Sixième) :

    Voili, voili, voilà... Je ne sais pas si vous aurez apprécié ou non, mais comme ce genre d'article était pour moi une sorte de première, j'espère que ce ne sera pas un "coup d'épée dans l'eau", comme on dit, et je compte vivement sur vous (surtout celles ou ceux qui ne sont pas musiciens) pour me dire ce que vous en avez pensé !

    Est-ce que c'est totalement imbitable (et donc "à chier", en résumé), ou bien est-ce que ça vous dit que je recommence de temps à autre - pas tous les jours, bien sûr ?

    Ne me laissez pas sans commentaire, là, pour une fois (merci d'avance, j'ai VRAIMENT besoin de vos avis ) !!!

    P.S important : 1) Au cas où ce ne serait pas encore assez clair que les nouveautés du CINÉMA DE VINCENT sont toujours systématiquement affichées en tête de ce Blog, n'oubliez pas de consulter la très récente critique du DERNIER ROI D'ÉCOSSE, un film "qu'il est quand même bien à le voir", en résumé (et en plus, prochainement, celle d'un autre film qui réconcilie bien avec le genre humain, dans le genre, La Déchirure de Roland Joffé, juste les images à voir ici, pour l'instant, en attendant mieux, niveau commentaires !)... 2) Surveillez bien également, tout comme l'an dernier, le début du grand jeu-concours de septembre, qui va sûrement attaquer à partir du deux, avec une vingtaine d'épisodes captivants (haha, je m'avance, là...), avec des dizaines de photos de montagne et de villes d'Art, et des prix par contre beaucoup plus attractifs que l'année passée...

    Participez !!!

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    12 Comments:

    Blogger Marie-Laure A said...

    Alors là Vincent....bravo....C'est vraiment une idée extra ça..!
    Moi qui n'y connais rien mais qui apprécie d'écouter et bien j'avoue qu'avec le compteur et tes remarques ,l'écoute est plus fine!
    je déplore le téléchargement qui hache la vidéo et coupe le son! mais globalement,j'ai pu suivre..
    J'ai particulièrement aimé dans le troisième mouvement à partir du 7 affiché au compteur, les fluttes traversières,puis les cors (????) suivis des cordes..jusqu'au moment dont tu parles vers 5.23.....ça se termine trés agréablement aussi!
    merci pour ce boulot..ha oui!! tu peux recommencer quand tu veux!!!
    ça ne fait pas de mal....
    on peut même aller jusqu'à dire que ça fait du bien!
    Merci!

    samedi, 01 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Ah, c'est bien, ça... C'est même très bien, je dois dire, je vois qu'il y en a qui suivent, dans le fond (et qui ne font pas semblant, en plus, puisque même les chiffres sont exacts, et les instruments aussi - c'était bien les flûtes traversières, puis les cors, bravo) !
    Bon, ben écoute... ta remarque me va droit au coeur (parce que j'ai fait lire ça à un ami musicien, mais à nous deux, on a tout de même un mal fou à discerner ce qui est "accessible" de ce qui ne l'est pas, c'est bien pour ça que je suis aussi avide de commentaires sur ce Post).
    Sinon, curieusement (question de réseau ?), les vidéos ne sautent pas du tout chez moi - sans compter que sur six ou sept disponibles, j'ai choisi les trois seules qui ne "buggaient" pas. Mais bon, ça c'est les aléas du Net, comme chacun sait...

    Et ceci dit (comme tu le soulignes) : oui, c'était (vraiment) du boulot, pour de bon !!!

    Mais si ça plaît, je le referai volontiers de temps à autre...

    En tout cas, mille merci d'avoir été la première, et surtout si enthousiaste !

    dimanche, 02 septembre, 2007  
    Anonymous Unter said...

    Ouille, mais comment tu veux que je commente un truc pareil ? Tu veux pas plutôt ouvrir un énième Skyblog de peura sur Booba, là j’aurais des commz à balancer. Ooh, oui, ça j’en aurais.
    ¡ Ay !

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Bah, tu serais pas un peu con, sur les bords, là... On va dire ???

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Anonymous Anonyme said...

    Ca c'est du sujet monsieur le professeur !

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Ouais, bon, je sais... Mais vu qu'à part Marie-Laure, je n'ai eu aucun commentaire digne de ce nom, je crois que je vais m'abstenir, par la suite...
    De toute façon, ça n'intéresse personne, ce genre de Post, ne rêvons pas...
    De même que plus personne ne sait lire, le nombre de gens ayant la culture nécessaire pour écouter et comprendre une symphonie ne doit pas être très loin de zéro, alors bon...
    J'étais déjà dans une phase de dépression, mais alors là, ça ne m'arrange pas du tout, lol !!!

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Blogger Marie-Laure A said...

    Bon.......Vincent! courage.
    Je reviens t'assurer que tu as fait un excellent travail pédagogique.Et ça serait de toute utilité pour plus d'un instit de primaire qui voudrait partager cela avec ses élèves...Malheureusement...il n'y en a pas parmi tes visiteurs.
    Ensuite pour ceux qui passent,ça leur demande de prendre le temps...et c'est une denrée rare!
    c'est ce que je disais à Zoun par rapport à ses vidéos...parfois, 5 mn c'est trop long pour celui qui passe et qui zappe.
    Ceci dit : ça n'enlève rien à l'interet de ton travail! et puis aprés tout,même si j'étais la seule à en profiter, ben tu vois, tu as oeuvré pour la diffusion de ce mr Anton Bruckner auprés de moi.
    Je ne connaissais pas! et j'ai apprécié que tu te mettes à ma portée ( ça c'est un super jeu de mot! "à ma portée"...pour un musicien! :)) Biz à toi et pas de dépression post-note s'il te plait!
    De la joie et de la bonne humeur,c'est ce que demande le peuple ! ;)

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Anonymous Unter said...

    Ouai mais la prochaine fois mets-nous un extrait de Beowulf, avec Christophe Lambert ; ça c’est de la culture les enfants.

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Marie-Laure : oui, c'est vrai, comme tu dis, le temps, c'est une denrée rare, et malgré le talent de Zoun, j'avoue que je ne vois pas toujours ses vidéos PILE POIL au moment où il les publie, justement parce qu'il faut bien compter dix minutes à chaque fois, alors là, pour le coup, c'est vrai que j'ai peut-être un peu abusé, avec trois vidéos de huit minutes chacunes (mais bon, sans cela, ça aurait vraiment été austère de chez austère, non ?)

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Mais bon, je vais quand même suivre ton conseil (de la joie et de la bonne humeur)... Après tout, j'ai déjà bien atteint mon but, non ? Même si UNE SEULE PERSONNE a pu grâce à moi découvrir la somptueuse et géantissime musique de Bruckner, je devrais m'estimer heureux, n'est-ce pas ?

    Et si ça te plait vraiment, sache que le Monsieur en question a écrit onze symphonies (dont la "0" et la "00", sans rire !!!), il y a donc de la réserve de bonheur, là... Mais quand même (le truc qui tue), c'est le scherzo de la huitième (j'espère que le lien marchera) :

    http://www.youtube.com/watch?v=dh2L5V8eWwc

    C'est CE thème qui m'a fait découvrir (et adorer) cette musique !
    P.S : VAL, si tu me lis (haha)...

    lundi, 03 septembre, 2007  
    Anonymous zewall said...

    non non non pas de dépression STP tu auras une deuxième lectrice intéressée, promis .... c'est juste qu'en ce moment je suis sur-bookée par mon boulot (même pas le temps de poster sur mon blog) et je voulais prendre mon temps pour profiter de la leçon car moi non plus je ne connais pas ce compositeur. alors tu n'as pas fait tout ça pour rien, je viendrai donner mes impressions bientot !!

    jeudi, 06 septembre, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    T'inquiète pas pour ça... En fait, je pense que je vais réussir à balancer un Post "spécial" Bruckner au milieu de ma grande SAGA autrichienne, peut-être vers le #10, histoire de faire diversion.... Et là, je pense que je serai beaucoup moins technique, et que je vais vraiment sélectionner les meilleurs trucs sur YOUTUBE !

    vendredi, 07 septembre, 2007  

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