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  • lundi, avril 16, 2007

    ENFIN !!!

    Enfin : un Post pas trop con !!!
    (Juste histoire de contraster un chouilla avec les précédents, DSL)... Autant donc reprendre les bonnes vieilles habitudes, et publier en avant-première ici les articles qui vont un jour ou l'autre finir par être archivés sous LE CINÉMA DE VINCENT comme je le faisais autrefois (ne serait-ce que pour honorer AU MOINS l'un des titres de ce Blog, "MOVIES", et cette fois-ci à l'occasion d'un très beau film de Fellini, XD !).

    Mais non, vous ne rêvez pas : il fut un temps lointain (1978) où la RAI, bien avant d’appartenir à Berlusconi, ne produisait pas que d’infâmes crétineries, auprès desquelles (croyez-moi sur parole !) même les pires émissions de TF1 pourraient encore passer pour des sommets d’intellectualisme.
    Coincé entre ces deux monuments que sont le Casanova (1976) et la Cité des Femmes (1980), Prova d’Orchestra, "petit" film de Fellini d’après les propres termes du M
    aestro, fut donc tout d’abord un téléfilm, avant son effective sortie en salle, et marque l’ultime collaboration de Federico Fellini avec son complice de toujours, le musicien Nino Rota, qui devait décéder l’année suivante.
    Malgré sa durée réduite (70 minutes) et son budget forcément modeste, Prova d’Orchestra apparaît comme un film extrêmement riche, complexe, et même ambigu à bien des égards, un film qui à tout moment évoque en nous de multiples résonances, à commencer par celle-ci, la toute "primale", celle sur laquelle s’ouvre le film :

    Après un générique uniquement sonore hallucinant, basé sur des sonneries, des sirènes de police, des klaxons de plus en plus nombreux et insupportables (à l’image du "tollé" que va devenir cette répétition d’orchestre), le spectateur se retrouve soudainement plongé dans le silence d’une crypte souterraine, une sorte de lieu fœtal, au sein duquel seule la voix du copiste tente de faire vibrer le silence ambiant :

    (Incidemment, ceci rejoint d’ailleurs l’une des - nombreuses - théories exposées dans le FASCINANT livre de Pascal Quignard, la Haine de la Musique, au sujet des grottes paléolithiques, qui selon lui seraient non seulement les premiers laboratoires de l’art pictural, opinion communément admise, mais aussi des "résonateurs" naturels pour des rites probablement sonores).
    Bref. Trois minutes du film se sont à peine écoulées, que déjà le génie du Maître suinte de partout (n’oublions pas qu’à cette époque, le trio Fellini, Kubrick, Kurosawa était considéré comme la "sainte trinité" absolue du cinéma mondial, à juste titre), et ma foi, ce n’est pas désagréable, étant donné tout ce qu’on peut voir par ailleurs comme navets.
    Suivant une structure assez limpide, le film apparaît clairement divisé en quatre parties ; l’arrivée de l’orchestre, tout d’abord (la plus longue de toutes, 20’), suivie de trois sections de durée à peu près équivalentes : la première répétition, la pause, et la seconde répétition (la révolution). Avec à la clef une série de savoureux portraits extrêmement bien vus, qui même en 2007 n’ont pas bougés d’un iota (là encore, croyez-moi sur parole !), allant des instrumentistes à vent surtout préoccupés d’écouter le match de foot sur leur radio portable, jusqu'à la parfaite musicienne "Ségolène" arborant en toute circonstance le même sourire niais :

    En passant bien sûr, comme toujours, par "ceux qui se la pétent", et ceux avec lesquels il est toujours agréable de boire de bons coups :

    Sauf qu’un élément perturbateur va bientôt intervenir pour fausser toutes les perspectives : une équipe de télévision présente sur les lieux, dont l’œil inquisiteur va très vite contribuer à monter les musiciens les uns contre les autres, puis contre le chef (ce qui peut déjà sonner comme un galop d’essai pour le futur Intervista (1986), basé sur le même principe, mais s’avère en outre particulièrement fort de la part de Fellini, qui a ainsi réussi à faire financer par la télévision un film qui, d’un certain côté, n’est qu’une pure dérision de celle-ci). Sans parler des fameux syndicalistes épinglés au passage, y compris en ce qui concerne leur goût vestimentaire toujours assez particulier (même aujourd’hui, voyez notre bon Bové - du latin : Bos, Bovis !) :

    Enfin, le chef arrive ! Et pas n’importe quel chef : un chef allemand, exigeant, dictatorial, et pourtant pas forcément par mauvaise volonté, plutôt par un amour de la musique qui le pousse parfois à des exigences quelque peu démesurées (au point qu’au bout d’un moment, traumatisés par un tempo d’enfer, la plupart des musiciens commencent joyeusement à se déshabiller) :

    On peut dire que c’est à peu près à cet instant, juste avant la pause d’orchestre, que le film commence à basculer dans une douce folie (et qu’on commence à retrouver "notre" Fellini complètement baroque et délirant). Durant cette longue pause en effet (16’), tandis que les musiciens aiguisent de plus en plus leurs rancoeurs et leur individualisme, sous la pression croissante, bien sûr, des interviewers de la télévision (à hurler de rire, pour ceux qui connaissent l’instrument, la séquence du contrebasson !) :

    Le chef, en proie dans sa loge à la déprime la plus totale, finit certes lui aussi par céder aux sirènes des médias, mais contrairement à toute attente, non pas pour se mettre lui-même en avant, mais pour rappeler une époque déjà lointaine et révolue en évoquant son maître, du temps où il n'était "que" premier violon, un maître sans doute exigeant et impitoyable, mais (comme il le dit dans son mauvais italien) :

    (Curieusement, ce sont presque mot pour mot les paroles de John Cage, quand on lui demandait pourquoi il avait renoncé à écrire pour cette formation). Et lorsque après la pause, le chef retrouve son orchestre dans une crypte seulement éclairée à la bougie pour cause de panne de courant (le règne des ténèbres et de l’obscurantisme ?), ce n’est que pour constater l’ampleur du désastre, une révolution généralisée où plus personne ne veut de dirigeant, pas même le métronome géant envisagé à un moment (scène qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer un passage particulièrement délirant de son précédent Casanova) :

    La fin du film, d’une absolue ambiguïté, illustre de la façon la plus subtile possible l’ambivalence politique du film, qui d’ailleurs n’a pas toujours été justement comprise par les critiques de l’époque. Car après l’essoufflement inhérent et consécutif à toute révolution, vient bien sûr l’inévitable tentative de réconciliation nationale (souvenons-nous des pages magnifiques et désabusées de Chateaubriand au sujet de Fouché et de Talleyrand, superbement mises en scène dans le très beau film le Souper, d’Édouard Molinaro) :

    Sinon que… toutes ces belles idées une fois exprimées, le chef ne va pas tarder à les oublier aussi sec pour en revenir, hors champ, à son comportement initial (c’est curieux, ça me rappelle une période à venir, ça…), et là, malheureusement, j’aurais bien aimé vous trouver le générique de fin sur YOUTUBE ou DAILYMOTION (mais en vain), car de même que celui du début, il en dit plus sur ce film "musical" que toutes les images intermédiaires, finalement. En deux mots : on y entend juste, sur fond noir, la voix du chef qui s’énerve de plus en plus en italien, jusqu’à ce qu’il craque complètement et rebascule sur son allemand natal, avec une diction et des intonations qui rappellent, à s’y méprendre, certains accents d’une certaine cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques dans un certain pays à une certaine époque (suivez mon regard)… Heil !
    Ce que n’ont pas saisi la plupart des critiques de l’époque dans cette vision politique ultra-subtile de la part de Fellini (notamment en voulant toujours tirer la couverture dans un sens ou dans l’autre, grossière erreur !), c’est à mon humble avis l’extension du microcosme extrêmement subtil de l’orchestre à la société dans son ensemble.
    Dans un orchestre, il existe en effet environ quatre-vingt individus de très haut niveau, extrêmement susceptibles en ce qui concerne leurs compétences (et à juste titre, vu qu’ils ont passé au bas mot bien plus du quart de leur vie à les acquérir), quatre-vingt individus tous suffisamment musiciens pour avoir chacun leur avis bien personnel sur l’œuvre à créer en commun. Et en même temps, ça ne peut pas marcher comme ça (l’Union Soviétique en a fait la cruelle expérience peu après la Révolution d’Octobre, où durant un temps, on a tenté symboliquement de renoncer au chef d’orchestre "capitaliste tigre de papier", avec bien sûr à la clef une anarchie et un chaos bien dignes de Prova d’Orchestra).

    Ce que tente de nous apprendre ce film, finalement, même d’une façon plutôt provocante, c’est peut-être l’essence même de la démocratie : comment maintenir, au sein des sociétés humaines, cet équilibre miraculeux et extrêmement fragile entre d’une part, le besoin d’expression et de liberté inaliénable de chaque individu, et d’autre part le respect consenti d’un certain nombre de règles, pas forcément toujours agréables, dans l’intérêt de la stabilité du système. Ou encore : à quel point la plus petite erreur de dosage, d’un côté ou de l’autre, va pouvoir nous conduire tout droit soit au chaos, soit à la dictature (et je ne vous apprends rien, c’est ce qu’on voit tous les jours au journal de 20 heures).

    Bon. Je ne suis pas mécontent de moi sur ce Post. D’une part, parce que je n’ai mis que trois heures à l’écrire – inutile, donc, d’essayer de vous convaincre de passer ne serait-ce que trois minutes pour le commenter, je suppose (haha, ça sent l’aigreur, là ? Humm… oui, on peut dire ça, je suppose, DSL !). D’autre part, parce que - as allways - je ne me suis inspiré d’aucun bouquin, et que c’est du 100% le "tout mon cru" (les amateurs apprécieront !).
    Et tertio : comme dit dans un film beaucoup plus léger (mais que j’aime beaucoup, Last Action Hero), je crois que finalement, la magie venait surtout de Fellini lui-même. Face à des chefs d’œuvres comme ça, finalement, l’inspiration n’est jamais un problème… Là, j’en suis déjà à ma cinquième page sous Word, et je me limite because Blog (et because sommeil, aussi !). Mais priez pour que je ne me lance pas dans le compte-rendu de la Dolce Vita !!!

    Car la bonne nouvelle, c’est aussi celle-ci : c’est que vous pourrez trouver chez tous les soldeurs ces deux magnifiques films dans un unique coffret, pour une somme inférieure à dix euros (une place de cinéma, de nos jours, n'est-ce pas ?) !
    Merci qui ?

    P.S : RHOOOOH, sur le point d'aller me coucher, j'en allais oublier le "bonus" qui tue de la mort de sa race, là !... Parce que sur LE CINÉMA DE VINCENT, on ne fête pas le 500ème visiteur, on ne fête pas le 1000ème visiteur, on ne fête pas non plus le 2000ème visiteur, mais par contre… on congratule forcément le visiteur N°2001 (obligé), surtout quand il pointe son nez un vendredi 13, la preuve en image (je n'invente rien, lol !) :

    Ça va me porter chance, tout ça (huhu, vivre de mes Blogs, le rêve…).

    If only !!!

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    11 Comments:

    Blogger Julia said...

    Effectivement, ça résume l'ensemble de notre conversation MSNiale où nous crachions sur la société (comme la plupart de temps en fait, non? )

    Joli post, en tous cas, ça donnerai presque envie de voir ce film! :p (bon, je rigole: ça la donne, l'envie, bien sur!! )

    lundi, 16 avril, 2007  
    Anonymous Anonyme said...

    J'ai vu Prova d'orchestra il y a trop longtemps pour avoir un avis précis. Je me souviens de la jubilation et de la critique fellinienne tout azimuth : les Romains et l'ordre, l'individualisme, les conflits. Avec ce je ne sais quoi d'autodérision si romaine qui me replonge limite dans l'enfance.

    Un 'petit film' pas si petit que ça !

    J'ai hâte de le revoir !

    M

    lundi, 16 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    => M : Mais qui a dit que c'était un "petit" film ??? Ah oui, c'est Fellini lui-même... Bon. Là, on ne peut plus rien dire, non ?
    Un petit Bach ou un petit Mozart, ça existe, ça , huhu ???
    C'est ça qu'est chiant avec les génies (non, je déconne, bien sûr... mais pas tant que ça) : même quand ils essayent de faire petit et de se limiter, ça dégouline toujours de tous les côtés, LOL !!!
    => Julia : Merci bien, comme déjà dit sous MSN, c'est le plus beau commentaire que je n'aie jamais lu sur ce Blog, parce qu'à chaque fois que je parle d'un film, c'est exactement ça que je cherche à provoquer chez les gens : donner l'envie absolue de voir le film !!!

    Comme le dirait Fellini : je suis un putain de dictateur, en fait, wouarf wouarf !!!

    mardi, 17 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Et alors là, absolument aucun rapport avec la choucroute, mais je viens de m'uploader "La Cité de la Peur" sous Emule (très très bonne version dvix, d'ailleurs, du vrai 1:85, qui passe en fond sonore, là, now), j'ai beau le connaître par coeur, ça me fait toujours autant craquer, quoi...
    "Un Whisky, un doigt ?"
    "Sarah Connor ? La porte à côté !"
    "Prenez un chewing-gum, Émile... Si, si, j'insiste !"
    Et mon passage préféré : "Sais-tu danser la Carioca ?" Hahaha, PTDR jusqu'à l'aube, là (m'en fous, j'suis en vacance, j'peux le revoir douze fois si je veux, na !)

    mardi, 17 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Pour les "pauv' gens' qui connaissent pas encore, c'est ici :
    http://www.youtube.com/watch?v=uDHTk-ooH60

    mardi, 17 avril, 2007  
    Blogger Julia said...

    comment ne pas connaitre la cité de la peur?
    Mon film culte, quoi!


    On passe des heures à y faire référence, et on s'en lasse pas: à chaque fois ça donne envie de le revoir! :D

    mardi, 17 avril, 2007  
    Anonymous Anonyme said...

    je n'ai pas vu le film ...
    Mais ceci est un poste pour que mon cher mister professeur sache que je passe par là et que je pense à lui !
    J-5 : force et honneur!

    mardi, 17 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    (Pour des raisons de budget, ce commentaire sera entièrement non-bruité à la bouche).
    Putain, mais t'as rien vu, toi, je le crois même pas, ça ??? Ni Terminator, ni la Cité de la peur ??? Mais arrête de bosser, de temps en temps !!!

    Euh...Qu'est-ce que tu fêtes, dans cinq jours? (tiens-moi au courant, plutôt) !
    ("Euh, non... Moi, c'est Odile. Pluto, c'est l'ami de Mickey"...)

    Arf arf, on peut y passer la nuit, là, LOL !!!!

    Vous êtes sûres que vous ne voulez pas un Whisky d'abord ?

    mardi, 17 avril, 2007  
    Anonymous Anonyme said...

    si j'ai vu la cité de la peur! Mais toi t'as oublié ce que je fêtais y'a 2 jours!
    Arrête un peu de dormir des fois! snif snif!

    mardi, 17 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Arf arf... Quand les gens prennent le risque de ne pas signer leurs commentaires, faut pas non plus se plaindre par la suite qu'il y ait quelques chtites confusions, non?

    T'es sûre que tu veux pas un Whisky d'abord ???

    (OK,OK,je le prends, ton chewing-gum,lol!)

    mercredi, 18 avril, 2007  
    Anonymous Anonyme said...

    Il est vrai, en effet que Tf1 passe facilement à côté de RAI UNO, RAI DUE , RAI TRE .... pour l'avoir vécut durant, en tout, un mois de ma vie, eh bien c'est pas du gateau ! On te lobotomise comme on peut et c'est insupportable, même sans comprendre vraiment le sens de chaque pub/Tv show/film j'ai déjà remarqué qu'il ne fallait pas être bien intelligent !

    A voir absolument " Cultura moderna" >> sur Youtube ! C'est une véritable horreur ^_^

    Bises

    jeudi, 19 avril, 2007  

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