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  • dimanche, avril 22, 2007

    BADLANDS

    En french : La Balade Sauvage !

    Vu la passionnante soirée TV à prévoir ce soir (trois heures à blablater dans le vide sur un résultat connu depuis un an), je me suis finalement regardé Badlands (mais sur quel site ai-je bien pu trouver ça ?), le tout premier film de Terrence Malick (avant Les Moissons du Ciel, et le génialissime La Ligne Rouge), et je dois bien dire que je ne l’ai pas regretté.
    Réalisateur presque aussi mythique que Stanley Kubrick, avec lequel il partage un certain goût du secret, une volonté de perfectionnisme absolu, et parfois même l'amour de la musique classique (puisque une grande partie de Badlands est accompagnée par des thèmes de Karl Orff ou d'Erik Satie), Terrence Malick, né en 1945, passe son temps - comme la plupart des grands créateurs - à explorer sans relâche le même thème : la sauvagerie humaine, opposée au calme et à la sublimité de la nature (ou au contraire, de façon plus ambigüe, confrontée à ce même Struggle for Life darwinien, qui est en réalité le "vrai" thème de La Ligne Rouge) :

    Ce qui donne, bien sûr, au final, un style cinématographique plutôt lent (y compris au niveau de son rythme de production, puisque près de vingt ans séparent ses deux derniers films), mais d’une telle beauté plastique que le souffle lyrique est toujours au rendez-vous !
    Scénarisé à partir d’une histoire vraie, Badlands raconte sous forme de "road movie" (peut-être l’un des premiers de toute l’histoire du cinéma) la fuite en avant de deux jeunes amants (Martin Sheen et Sissy Spacek), qui à l’origine ne voulaient rien d’autre que pouvoir s’aimer tranquillement (n’eut été la volonté du père de la jeune fille) :

    Arghhhh, la "poésie" au cinéma, l'une des choses les plus rares du monde :

    Sur un mode beaucoup plus calme, l’histoire apparaît d’ailleurs très proche du très hystérique Tueurs Nés d’Oliver Stone (plus de 5000 plans pour deux heures de film, un record dans l’autre sens, tout aussi génial d’ailleurs), puisque toute cette cavale commence elle aussi par un parricide et un incendie :

    Bientôt recherché par toutes les polices de l’état, le jeune couple (dans l’histoire réelle, 19 et 14 ans !) n’a finalement plus comme seule issue que de se cacher au sein de la "mère" nature, en vivant en totale autarcie (avec, comme toujours chez Malick, ces grandes envolées lyriques, qui frisent parfois même le documentaire, tout comme dans La Ligne Rouge) :

    Sinon qu’à chaque fois qu’ils risquent d’être démasqués, Martin Sheen flingue à tour de bras tout se qui passe dans son collimateur, avec à la clef une cavale de plus en plus désespérée, au travers de ces immenses plaines déprimantes du Sud Dakota (en tout cas, moi, ça me déprimerait !) :

    Jusqu’à son arrestation presque consentie et résignée :

    Le plus étrange restant qu’il s’agisse, en fin de compte, d’un garçon plutôt agréable, et même très doué pour engendrer la sympathie, à preuve la scène finale tout à fait étonnante, où il s’avère devenu tellement cool avec les flics qui l’on arrêté, que tous se montrent super gentils avec lui :

    Bref, un très beau et très lyrique "road movie" que je vous conseille vivement, d’autant qu’il s’agit d’un genre que j’aime personnellement beaucoup, qu’il s’agisse de Thelma & Louise (Scott), Tueurs Nés (Stone), Une Histoie Vraie (Lynch), et même le complètement déjanté Leningrad Cow-Boys go to America (Kaurismaki), un vrai "must", dans le genre !

    Dans la série des petites curiosités à mentionner :
    1) Le "nez" de Malick concernant le choix de ses deux principaux acteurs, encore très peu connus à l’époque : Martin Sheen, qui explosera cinq ans plus tard dans le sublime Apocalypse Now de Coppola (j’adore cet acteur, y compris dans le fameux Dead Zone de Cronenberg) ; et Sissy Spacek, qui devait devenir ultra célèbre en 1976 avec Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma (film qui a par contre hélas beaucoup moins bien vieilli)…
    2) La "tête" de Malick en personne (qui ne se montre pratiquement jamais en public), et qui pour la seule fois de sa vie a joué un tout petit rôle dans Badlands, même pas crédité au générique, non par pure volonté de citation à la Hitchcock, mais tout simplement parce que l’acteur supposé s’est désisté le jour même du tournage de la scène (c’est l’homme qui sonne à la porte de l’homme riche) !

    3) La tête de Martin Sheen sortant très lentement de sa tanière souterraine :

    Vous êtes sûr que ça ne vous rappelle pas vaguement quelque chose, ça ? Hmmm… cherchez bien ! Un plan mythique, souvent cité et recité comme provenant d’Apocalypse Now (où ce même Martin Sheen émerge de la rivière juste avant l’affrontement final avec Marlon Brando) ? Et bien voilà, il était temps de rendre à Malick ce qui appartient à Malick !
    4) Et pour finir, à l’intention de mes collègues pianistes, petite règle de sécurité évidente à toujours garder en mémoire : attention, nettoyer un clavier de piano à l’essence :

    Ceci peut ne pas toujours donner les résultats escomptés, surtout si vous êtes fumeur :

    LOOOOL !!!

    Bon, à part ça, Badlands, ça se trouve très facilement sur le fameux site qu'il faut pas dire comment qu'il est bien, en prime en vrai format 1:85, et en VOST. Que demande le peuple ?

    P.S à la con (mais j’ai longtemps fait la faute, alors je compatis & je transmets) : "Balade" désigne la promenade, tandis que "Ballade", avec deux "L", ne s’applique qu’à la forme poétique, ou encore musicale (comme les Ballades de Brahms ou de Chopin).

    Enjoy !!!

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