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  • mercredi, juillet 05, 2006

    DOLLS !

    Ma petite japonaise chérie vient à peine de repartir de la maison (enfin, quand je dis "petite", ce n'est pas tout à fait exact, elle est même plutôt grande, en fait, et avec des hauts talons comme décrits récemment sur SNEAKERS & BUFFALOS, quasiment aussi grande que moi, 1m72, lol !), après que nous ayons vu ensemble un splendide film prêté par l'une de ses amies : DOLLS (2003), de Takeshi Kitano (ou "Beat" Takeshi, ou encore Kitano Takeshi, si vous êtes Japonais(e)).
    Un film magique, au même titre que HANABI ou ZATOICHI (voir, à ce sujet, l'article BEAT), mais articulé cette fois autour d'un principe cher à Robert Altman - notamment dans les très brillants THE PLAYER et SHORT CUTS -, la coexistence fluide et aérienne de trois histoires d'amour simultanées, qui bien sûr, on connaît le bonhomme, à force, vont toutes finir de façon tragique.
    Et pourtant, la plupart de ses films ne sont pas dépourvus d'optimisme, bien au contraire ; mais leurs fins désespérées laissent à penser que l'auteur, tout comme Shakespeare ("It's a tale told by an idiot, and signifing nothing...", MACBETH, si je me souviens bien), semble considérer l'être humain dans son ensemble comme une sorte de marionnette balayée au gré du destin, telles ces poupées du Bunraku qui ouvrent magistralement le film (N.B : le Bunraku est une forme de théâtre très prisée à Osaka, proche du Kabuki, sinon que les acteurs en sont des marionnettes - avec les manipulateurs non cachés, mais ceci s'oublie très vite ! - et qu'un unique chanteur récitant interprète à lui seul tous les rôles, à ne pas manquer dès que la troupe repasse par Paris, retenez donc bien ce mot, Bunraku) :

    Les amants réunis par la "corde rouge des clochards" (kojiki no nawa, 乞食の縄, désolé, j'ai investi 99$ dans mon traitement de texte japonais, il faut bien que je le rentabilise, maintenant, lol !) sont en route vers leur destin :

    Comme toujours chez Kitano (qui à ses heures, outre acteur, présentateur, réalisateur, manie également très bien le pinceau, souvenons-nous des tableaux de HANABI), le film n'est pas avare de séquences sompteuses, magistralement cadrées, et souvent aux limites de l'onirisme :



    Il est vrai que ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir un poisson s'habiller en kimono, lol !


    Et pour conclure, les fameux érables de Takao à l'automne, recensés parmi les "merveilles" du Japon au même titre que la floraison des cerisiers (Sakura, 桜) au printemps, et ceci dès la littérature médiévale (par ex : 清少納言,枕の草子 : Sei Shônagon, NOTES DE CHEVET (1183), éditions Gallimard / Unesco).

    L'une des choses qui m'a frappé dans ce film (à nouveau, devrais-je dire, car la même idée m'était déjà venue à l'esprit dans certains plans de HANABI et de ZATOICHI), c'est la filiation avec la grande tradition chinoise, puis japonaise, de la peinture "sansuiga" (山水画, littéralement : peinture d'eau et de montagnes), dans laquelle l'homme, bien que souvent présent, occupe toujours une place microscopique au sein de la nature (le moine minuscule, dans la maison en bas à gauche) :


    Il est clair que là, c'est la nature elle-même qui est le principal acteur du film. En même temps, la filiation peut être double, puisque ce genre de plans existait déjà chez un pionner du cinéma, Sergueï Einsenstein (notamment dans IVAN LE TERRIBLE, 1944).

    Bref, du cinéma brillant, inventif, audacieux, sublime visuellement, remarquablement interprété... du cinéma sans grands moyens ni gros budgets, en résumé : du cinéma comme on aimerait en voir plus souvent dans un petit pays comme le nôtre, qui après en avoir inventé le concept (cocorico !) semble depuis longtemps en avoir oublié l'esprit.

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    1 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Tu deconnes j'espère pour le traitement de texte japonais à 99$.

    L'IME standard te permet tout c que tu veux pour 0$

    見て

    mercredi, 09 août, 2006  

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