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  • samedi, mars 25, 2006

    BACK ON THE BLOCK !

    RHAAAAH, enfin, enfin, après moultes péripéties, la FNAC a enfin consenti à me prêter un ordinateur (un peu vieux et un peu lent, mais bon, on ne va pas chialer, non plus…), en attendant la réparation du mien, bien que cela ne fût pas aussi évident que prévu, sans compter la demi-heure passée au téléphone (0,34 centimes la minute, bien sûr) avec l’assistance AOL pour re-paramétrer toutes les composantes du modem, dont le pilote installé datait de juin 2004, autrement dit de Mathusalem, LOL !

    Bref ! Quoi qu’il en soit, ne boudons point notre plaisir, et puisqu’il semble actuellement inconvenant d’ouvrir un Blog par autre chose que le CPE (hein Jen ?), et bien allons-y nous aussi de notre petite bafouille, ça vaudra ce que ça vaudra…
    Jusqu’alors, j’étais persuadé qu’il ne s’agissait que de manifestations en faveur du fils le plus doué de notre père Bach, Carl Philippe Emmanuel, mais j’ai vite dû revoir ma copie au rabais, il s’agit en réalité de la Clause de Première Enculade, ou quelque chose comme ça (je ne regarde pas beaucoup les infos, il faut dire)…

    À l’âge vénérable que j’ai fini par atteindre, vous savez ce que c’est, une année en entraîne une autre, et ainsi de suite, c’est lassant, à la longue… je vais juste vous livrer MA vision un peu "décalée" de la chose (il n’est d’ailleurs jamais trop tard pour bien faire, mon propre père ayant attendu d’avoir 60 ans pour comprendre l’absolue inutilité d'aller voter…).
    Je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a quelque temps, France 3 diffusait, à une heure très avancée de la nuit, les J.T d’il y a très exactement vingt ans. Et bien sans rire, malgré le "look" des décors, des costumes et des coupes de cheveux qui datait certes un peu, j’étais parfois totalement halluciné de voir que ce journal était, à très peu de choses près, quasiment le même que celui du jour que je venais de voir quelques heures avant sur TF1 à 20h : manifestations d’étudiants contre les contrats d’emploi précaires ; menaces d’affrontements entre Israël et la Bande de Gaza ; nouvelles attaques de l’ETA contre des cibles civiles ; l’Angleterre réaffirme son hostilité à l’Europe – et bien sûr, last but not the least, Ferrari joue cette fois son va-tout face à Renault Mac-Larren.
    Quand j’avais 14 ou 15 ans (Ah, comme c’est loin, tout ça…), je me souviens d’avoir successivement manifesté contre la réforme Haby d’une part, la réforme Devaquet d’autre part (bien que je ne sois pas tout à fait sûr que ce soit dans cet ordre), deux réformes visant déjà à aligner le monde de l’université en fonction des besoins des entreprises, et comme d’habitude, sans le moindre résultat tangible, LOL !
    Après avoir vécu ça une fois, deux fois, bon… On peut encore se dire que la troisième ("Alle gute Dinge sind drei !") sera la bonne, le fameux "Grand Jour". Après avoir vécu ça quatre, cinq ou six fois, au bout d’un moment, ou bien on meurt idiot et inféodé à un parti, ou bien on finit par devenir philosophe. Ces gens-là ont le pouvoir, de toute façon, et ces gens-là font absolument ce qu’ils veulent.
    C’était déjà comme ça du temps du Roy Mitterand Premier, on ne voit donc pas a fortiori pourquoi cela devrait s’améliorer sous la droite actuelle…
    Ceci dit, il est dans la nature de l’adolescence de se révolter et de manifester, voire même de tout casser (des fois, trop, c’est trop…), et en ce sens-là, cela sera toujours très sain et très positif ! Rien de pire, à mes yeux, que la génération d’il y a une quinzaine d’années, tous muets comme des carpes, complètement amorphes et prêts à rentrer dans le moule à tout prix dans l’espoir de se transformer en futurs "Golden Boys" !

    Il y a donc deux lectures possibles (et non contradictoires) de cette "fronde", finalement :
    1) Une lecture positive : le souffle de la jeunesse contestataire est toujours vivace, et ça, et bien c’est cool, c’est l’Esprit même du Verseau, la révolution permanente, et d’ailleurs relisez bien l’histoire de la Sorbonne (autrefois Université de Paris), c’est une constante depuis 1400, quasiment !!!
    2) Un lecture négative : rien ne change jamais vraiment (ou alors, à une échelle à peine mesurable humainement), et à long terme, le pouvoir (et surtout la sinistre réalité économique, contre laquelle ce soit disant "pouvoir" ne "peut" d’ailleurs pas grand-chose) finira de toute façon par avoir raison…


    Pessimiste ? Et bien oui… Plutôt beaucoup, même…
    Surtout quand je regarde les prétendus "débats" sur diverses chaînes, où tout le monde hurle, s’insulte, campe finalement sur ses positions sans avoir "débattu" le moins du monde (je me souviens notamment d’une émissions d’ARTE sur les débats politiques en Inde qui m’avait beaucoup impressionné, en particulier au sens où personne ne coupait jamais la parole de l’autre, attendant à chaque fois avec une grande courtoisie que chacun ait exprimé son point de vue… Bref, un autre monde) !
    Ici, tout ce à quoi l’on a droit, c’est une bipolarité agressive sans la moindre velléité d’échange, à l’opposé même de l’étymologie du mot "débattre" (de même nature que "dépassionner"), que ce soit du côté des jeunes (c’est normal, à cet âge-là, on se braque facilement, je n’ai bien sûr pas fait exception à la règle, et c’est plutôt bon signe) ou du côté de ce "teigneux" de Villepin, selon les mots même de F.O.Gisbert, qui a l’air de le connaître suffisamment pour affirmer publiquement qu’il préférerait sacrifier sa carrière politique plutôt que de lâcher le morceau !

    Incidemment, ceci me rappelle ces paroles déjà contreversées en son temps du grand philosophe Ludwig Wittgenstein (mais oui, le frère du pianiste manchot pour lequel Ravel écrivit son Concerto pour la Main Gauche !), à propos de l’affaire Darwin : "Un cercle d’admirateurs qui disaient : "Bien sûr", et un autre cercle d’ennemis qui disaient : "Bien sûr que non" (…) Quelqu’un a-t-il jamais vu ce processus d’évolution en œuvre ? Non. Quelqu’un l’a-t-il vu survenir actuellement ? Non. (…) Mais les gens avaient une certitude, sur des bases qui étaient extrêmement fragiles. N’aurait-il pu y avoir une attitude qui aurait consisté à dire : "Je ne sais pas. C’est une hypothèse intéressante, qui peut fort bien se confirmer en fin de compte ?" (Leçons et Conversations, NRF, Gallimard).

    Voilà bien tout le problème.
    Bien sûr que les jeunes ont raison de manifester – de toute façon, la jeunesse a (presque) toujours raison, ça ne se discute même pas. Mais peut-être qu’en fin de compte, Villepin croit aussi dur comme du fer à son dispositif, et n’en démordra pas avant de l’avoir testé au moins six mois, c’est humain, après tout (et vu la tournure que prennent les choses, cela n’est même plus électoraliste, mais carrément suicidaire – façon Kamikaze – de sa part).
    Au Danemark, le pays d’Europe où le taux de chômage des jeunes est le plus bas (à peine 8%), il y a bien longtemps qu’une telle loi de flexibilité dans le travail a été adoptée, et avec grand succès, cela donne donc à réfléchir. Sauf que, sauf que… dans ce pays, un jeune arbitrairement licencié continue à toucher pendant quatre ans 90% de son salaire aux Assédics, ce qui bien sûr laisse une très bonne marge et une très bonne motivation pour retrouver un autre boulot.
    En même temps, il s’agit d’un pays aux finances très saines, où le taux d’imposition par foyer reste l’un des plus élevé de l’Union, alors que nous sommes actuellement l’un des "vilains petits canards" de l’Europe, avec un taux de surendettement proprement monstrueux, qui ne permettrait sûrement pas ce genre d’aménagement…

    Putain, comment que ça fait mal à la tête, tout ça ! Je suis bien content d’avoir fait le Conservatoire plutôt que l’E.N.A, finalement… Non seulement, on n’a pas à se prendre le chou avec ce genre de quadratures du cercle insolubles, mais en prime, les horaires de la vie professionnelle sont nettement plus cools, même si on ne roule pas sur l’or (sans rire, je ne sais même pas comment ils font, les politiques : on les voit le matin en direct de Turquie pour parler de la grippe aviaire, à midi ils sont en Biélorussie pour s’insurger contre le scrutin truqué des élections, et le soir au chevet du pauvre type qui s’est fait piétiner par 712 CRS… Quand est-ce qu’ils dorment, j’hallucine, là ? Surtout moi qui ai besoin d’un minimum de 9-10 heures, je capte pas, LOL) !
    Bon, c’est sûr, on n’est pas très riche et on n’habite pas de somptueux gourbis de 250 m2, mais au moins, on ne se lève jamais avant midi, et on est toujours rentré chez soi au pire pour dîner à 20 heures…


    Donc, en résumé : j’échange pas !!!

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    5 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Je me montrerais volontiers aussi philosophe si la fac n'était pas bloquée depuis bientôt trois semaines ; oh, c'est pas que mes cours me manquent horriblement mais...hum, là, je commence à être un peu inquiète quand même...

    Touille, rabat-joie de service

    lundi, 27 mars, 2006  
    Anonymous Anonyme said...

    Vendredi soir, 21h, place de la Bastille, 2000 jeunes, moins jeunes, voir beaucoup moins jeunes convergent vers l'Elysée. J'en suis!
    Tout est calme. Les slogans sont raisonnables, les discours aussi et les casseurs, pris de cours par l'impromptu rassemblement sont aux abonnés absents.
    Les seuls crient de violence qu'on entend viennent des fenêtres de ceux sui auraient préféré dormir (à 21h? nooooooooon) devant TF1 ce soir là. "Petits cons!" ils crient, ils hurlent.
    C'est le printemps à Paris, il fait beau et bon à 21h.

    dimanche, 02 avril, 2006  
    Anonymous Anonyme said...

    Nous étions 2000, nous voilà 3000 détournés par les CRS à la hauteur de Concorde il est 22h30.
    Pas d'Elysée? Ok ce sera donc l'assemblée. Pas d'Assemblée? Le Sénat? Pas de Sénat, la Sorbonne..
    La gorge qui pique, les yeux qui pleurs, mal au crâne... Des bruits d'explosions.

    dimanche, 02 avril, 2006  
    Anonymous Anonyme said...

    "N'allons pas à l'affrontement. Rendez-vous à Montmartre place de la commune."
    3h du matin.
    "La foule était tragique et terrible; on criait;
    A mort! Autour d'un homme altier, point inquiet,
    Grave, et qui paraissait lui-même inexorable,
    Le peuple se pressait: A mort le misérable!
    (...)
    -c'est vrai, dit l'homme.- A bas! à mort! qu'on le fusille! dit le peuple.
    -Ici! Non!Plus loin! A la bastille!-"

    Victor Hugo (LA LEGENDE DES SCIECLES, LVII, "Les petits", Guerre civile)

    dimanche, 02 avril, 2006  
    Blogger Buffaddict said...

    A propos de Victor Hugo, ça me rappelle une anecdote, je ne sais plus où je l'ai lue : lors de je ne sais plus quelle guerre, probablement celle de 70, Victor Hugo aurait, de guerre lasse, déclaré : "Un jour, je vais sortir de Paris les mains en l'air, face aux allemands, et là, la guerre sera finie !". Et Anatole France de réponde : "Oui. Pour vous !"
    LOL !

    lundi, 03 avril, 2006  

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