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  • mardi, février 14, 2006

    JACQUEMART-ANDRÉ

    Bon. Vous habitez toujours Paris et vous ne savez pas quoi faire pendant ces vacances ?
    Alors un bon conseil : je viens de visiter hier ce musée (Jacquemart-André) pour la quatrième ou cinquième fois avec mon amie préférée (dans un calme absolu, ce qui n'est pas si fréquent), et je doit dire que comme chaque fois, j'en suis ressorti absolument "bluffé" non seulement par l'extraordinaire architecture du lieu - qui par une autorisation "exceptionelle" du Baron Haussmann a pu se mettre en retrait des autres bâtiments d'une façon tout-à-fait théâtrale - mais également et surtout par mes deux chefs-d'oeuvre favoris, dont cette exceptionnelle "Vierge à l'Enfant" de Bellini (pas Vincenzo, le musicien !) :

    Quelle splendeur, quelle touche de peinture immatérielle et d'un modernisme étonnant (je ne sais pas si cela se verra sur la petite photo du blog...) ! Et comme d'habitude à cette époque, l'omniprésente pensée symbolique, autrement dit : le double cadre marron (vertical) et noir (horizontal) qui semble déjà une matérialisation de la croix, l'arbre mort (à gauche) qui symbolise l'arbre qui servira à former celle-ci, et l'arbre en fleur (à droite) signifiant que cette mort n'est pas une vraie mort, mais bien plutôt une nouvelle naissance. Du rarement vu à Renaissance, en tout cas à ce point de beauté et de prefection...

    Et bien sûr, l'autre chef-d'oeuvre absolu du musée (qui à lui tout seul doit dépasser de très loin la valeur immobilière du lieu, minimum dix millions d'Euros, au bas mot), le tableau des Pélerins d'Emmaüs par Rembrandt, une pure splendeur :

    Comme le disait déjà Diderot dans ses lettres à Sophie Vollant (argument qui sera du reste repris plus tard par Pierre Boulez), la parabole des pélerins d'Emmaüs illustre parfaitement, quelque part, l'impossibilité absolue du concept d'"analyse" de l'oeuvre d'Art.

    Dans cette parabole (petit rappel), deux pélerins, après la mort du Christ, se promènent tranquillement, lorsqu'ils aperçoivent un vagabond, qu'ils invitent aussitôt à dîner... Et lors, au moment précis où ils comprennent que ce vagabond n'est autre que le Christ, celui-ci disparaît instantanément !

    En citant de mémoire les paroles de Diderot, je crois qu'il disait en substance : "Quand on examine un chef-d'oeuvre, au début, l'on ne comprend rien... Puis l'on s'approche peu à peu, on l'étudie, on l'analyse, et l'on pense que l'on a tout compris. Mais si l'on poursuit davantage, et bien... le mystère est encore bien plus grand qu'au début."

    En résumé : le moment où l'on pense approcher de la divinité, c'est le moment précis qu'elle choisit pour disparaître ! Méditez bien là-dessus, car c'est très puissant, quelque part (et d'ailleurs, les rares peintres s'étant attachés à ce sujet très "pointu" ont presque tous livrés des chefs-d'oeuvre, c'est un signe) !

    Bon. Pour revenir à des choses plus sereines et légères, la pièce la plus "cool" de cette fantastique maison bourgeoise, le "Jardin d'Hiver", très à la mode sous le règne de Napoléon III. Il faut bien reconnaître que c'est absolument magnifique (et rassérénant) :

    Et bien sûr, encore tant d'autres merveilles, notamment un très beau tableau d'Hubert Robert, un autre très sinistre (mais superbe) de Van Eyck, intitulé "Le Temps coupe les ailes de l'Amour" (snifff !), un buste du Bernin, un Paolo Ucello rarissime, datant à quelques années près de l'"invention" de la perspective, un sublime Boticelli, etc, etc...

    Que dire de mieux ? C'est le prix d'une place de cinéma, 10€, et au moins vous êtes sûrs de la qualité !!!

    Mais, mais, mais... le vrai "must" du mieux, comme on dit, et particulièrement si vous avez un plan "petite copine que vous souhaitez emmener dans un endroit hyper romantique", et bien il n'y a que cette seule adresse (en plus, si la peinture ne vous intéresse pas, vous n'êtes même pas obligés de passer par la case "musée"=10€) : le salon de thé du musée Jacquemart, déjà pas mal comme décoration, mais surtout (ce que l'on ne voit pas sur la photo, le top du top !) l'un des très rares endroits de Paris où l'on peut admirer une (sublime) fresque de Tiepolo :

    Scoop : non seulement le chocolat chaud y est moins cher que dans les gargottes "nouveaux riches" du quartier - c'est vrai que ça craint, cette partie du huitième, c'est vraiment trop friqué, lol ! -, mais en plus, il est presque (pas tout-à-fait, quand même) aussi bon que chez Angélina, la fameuse adresse de la rue de Rivoli...

    En résumé, donc : plutôt que d'aller voir un (probablement mauvais) film français, investissez dix Euros dans ce musée génial, 158 boulevard Haussmann, sans doute l'un des plus méconnus et pourtant les plus beaux de Paris (et en ce moment, curieusement vu les vacances de février, il n'y a quasiment personne) !

    Believe me !

    Faites confiance à Vincenttheone... Vous ne le regretterez jamais !!!

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