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  • vendredi, janvier 20, 2006

    GENIUS #2

    Une fois n'est pas coutume, un excellent éditorial du Monde de la Musique, dû à Benoît Duteurtre, qui pour une fois pose les bonnes questions, chose rare dans ce mensuel d'habitude plutôt frileux :
    En ce moment, chaque semaine, je reçois un nouveau livre sur Mozart... Evidemment, quand il s’agit d’un petit essai érudit et amoureux signé André Tubeuf (chez Actes Sud), j’ai tout lieu de me réjouir car je sais qu’il restera dans ma bibliothèque. J’ai remarqué toutefois que Mozart occu­pait déjà, dans mes rayon­nages, plus d’espace que Schubert, Mendelssohn, Schumann, Brahms, Strauss et Mahler réunis ! Et cela s’aggrave encore. A la veille du 250e anniversaire de sa naissance, les livraisons s’ac­cumulent - biographies, dic­tionnaires, choix de lettres, rééditions... -, mais je n’ai pas reçu le moindre petit volume sur Schumann ; on fête pourtant également le 150ème anniversaire de sa mort.
    C’est pareil pour les disques : Mozart est partout ; il écrase malgré lui le pauvre musicien des
    Amours du poète qui se vend moins bien, beaucoup moins bien. Le marketing veut des produits simples et bien définis. Selon ses normes, le compositeur de la Petite musique de nuit
    a fini par incarner, à lui seul, l’imagerie kitsch du "génie". Sur les autres musiciens, les musicologues écrivent des biographies, des essais. Avec Mozart, chacun peut y aller de sa réflexion personnelle, comme vient de le faire Eric-Emmanuel Schmitt dans un livre à fort tirage. Mozart est un prétexte ; il concerne à la fois les journalistes, les écrivains, les philosophes - et pourquoi pas les cuisiniers ou les couturiers, qui ont certainement leur opinion sur l’enfant prodige.
    Ajoutons que ses mélodies ont cette façon de s’insinuer qui donne à chacun l’impression d’adorer Mozart... quoique son art reste plus subtil et secret. Schumann, lui, est un compositeur pour mélo­manes et pour musiciens. Il ne se glisse pas spontané­ment dans vos oreilles et demande même un petit effort, Après tout, cette place est peut-être plus enviable que celle du "divin Mozart", accommodé à toutes les sauces.
    Me voilà tout de même sceptique devant ma bibliothèque, face à d’autres mystères qu’il conviendrait de décrypter : pourquoi autant de livres sur Wagner (bon numéro deux après Mozart) et si peu sur Verdi, Purcell ou Bartok ? Pourquoi cette étrange loi - apparemment accentuée par notre époque - qui veut qu’on parle toujours davan­tage de ce dont on parle déjà, et toujours moins de ce dont on ne parle guère ?

    Voilà, c'est bref, précis et concis : tout est dit, et cela mérite d'être amplement médité... (Sans parler de Chostacovitch ou de Marin Marais, autres oubliés de cette célébration à sens unique, qu'en outre on a déjà connue il n'y a pas si longtemps (1991), avec déjà la même débauche publicitaire, tant discographique que littéraire) !!!

    Malheur sur moi ! Dire que je vais bientôt publier un bouquin sur Louis Marchand, probablement le plus grand compositeur et organiste de la fin du XVIIème siècle, loin derrière Bach, certes, mais largement supérieur à Couperin... pour m'apercevoir que le dernier Monde de la Musique ne le mentionne même pas dans son abécédaire baroque, au profit de petits maîtres complètement obscurs.

    Bah... J'espère en vendre au moins deux ou trois exemplaires. Avec les dix dollars mensuels que me rapportent vos clics sur mes pubs en tête de Blog ou vos surfs sur "mon" GOOGLE, ça me financera peut-être mes Malboro, LOOOL !!!

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