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  • samedi, janvier 21, 2006

    GENIUS #1

    On vient de me prêter AVIATOR de Martin Scorcese, basé sur la vie assez délirante de Howard Hughes, et je dois dire que vu l'heure assez tardive, j'écris cet article dans la foulée, pour essayer de ne pas perdre l'énergie et l'émotion communicative que dégage ce film grandiose, encore une épopée (comme LAWRENCE D'ARABIE ou PATTON) où l'on ne voit guère le temps passer...
    Il est certain que quand un génie tente un film sur un autre génie, tautologie oblige, ça ne peut-être que... génial ! (à comparer avec le remarquable CHASSEUR BLANC, COEUR NOIR de Clint Eastwood, lui aussi consacré au destin de l'un des réalisateurs les plus "allumés" des années 50, John Huston).
    Il faut dire que ce Howard Hughes était quand même quelqu'un. Complètement autodidacte et héritier d'une fortune colossale liée au pétrole texan, amoureux du cinéma comme de l'aviation alors naissante, il mise à 25 ans une énorme part de sa fortune sur un coup de poker : HELL'S ANGEL, à l'époque le film le plus cher de toute l'histoire du cinéma, une centaine d'avions, presque une quarantaine de caméras (sic !), plusieurs dizaines de jours de "weather days" (le cauchemar des producteurs, lorsqu'un réalisateur attend une météo bien précise pour filmer, et qu'il faut néanmoins pendant ce temps payer toute l'équipe) :

    Mais non content de réaliser ou de produire (entre autres, le premier SCARFACE), toujours plus ou moins persécuté par la censure, il s'avère en outre un ingénieur et un visionnaire de génie, concevant certains des avions les plus révolutionnaires de son temps, fondant la TWA, assumant presque toujours le rôle de "pilote d'essai", parfois à ses plus grands risques et périls, notamment lors de ce "crash" spectaculaire en plein sur Beverly Hills qui lui valut d'être brûlé à 70%, y compris une centaine de fractures et même, chose rare à laquelle on ne survit normalement pas, un déplacement du coeur de la gauche vers la droite :


    Ce qui, précisons-le, ne l'a pas empêché de fréquenter à l'époque les plus belles femmes du monde (c'est comme ça que je vois que je ne suis pas vraiment un génie, LOL !), notamment Jean Harlow, Katherine Hepburn et (RHAAAAH !) Ava Gardner.

    On pourrait donc en déduire qu'il existe un "Dieu", ou au moins des "Anges Gardiens" pour les génies, mais c'est faux ; car tout se gâte hélas assez fâcheusement dans la seconde partie du film, où nous assistons consternés à l'acharnement de tous les pouvoirs "bien pensants" envers ce visionnaire, qui plus est pour de mauvaises raisons... Et notre pauvre "Chèvre" (Di Caprio, veux-je dire) incarne à vrai dire magistralement cet ultime Howard Hughes quasi ruiné, accablé de toutes parts, et de plus en plus en proie à ses folies obsessionnelles, curieusement les mêmes que cet autre grand génie du piano, Glenn Gould, phobie irrationnelle des microbes, et sentation permanente de paranoïa :

    Même si ce film regorge d'énergies positives et pleines d'espoir, il laisse néanmoins transparaître en toile de fond ce qui, malheureusement, semble être l'une des lois des sociétés humaines.

    Quelque part, tous les pouvoirs, tous les pays, et autrefois toutes les royautés, ont besoin de génies... Cela les valorise, à peu de frais pour eux, et comme l'on dirait aujourd'hui, avec une immense publicité à la clef pour pas un sou, ou presque. Qui pourrait nier, encore aujourd'hui, que Shakespeare est la vitrine de l'Angleterre, de même que Michelangelo celle de l'Italie et Mozart celle de l'Autriche ?

    Le seul problème, c'est que le vrai génie ne connaît pas de lois (déjà divines) , et n'a a fortiori aucune envie ne se laisser "emmerder" par les lois humaines... De là le "broyage" de Mozart, de Beethoven, de Vauban, de Rembrandt et de tant d'autres par le pouvoir absolu, mécanisme qui s'avère magnifiquement démontré dans ce film magistral de Martin Scorcese, qui fort heureusement nous a toujours habitué à l'excellence, et ne nous a que très rarement déçu (à vrai dire, je serais bien en peine de citer un "mauvais" film de Scorcese, c'est plutôt bon signe) !

    Si vous avez un vidéo-club attitré, louez ce film de toute urgence !

    Et sinon... et bien, si vous n'avez pas de télévision, comme je suis consterné de l'apprendre de la part de certains d'entre vous, et bien : lisez mon Blog !!!

    Ça vous donnera peut-être envie d'en acheter une , qui sait ???

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