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  • vendredi, juillet 01, 2005

    PROGRAMME 7B

    Comme chaque année depuis maintenant deux ans, la classe de FM chanteurs tient à vous présenter un concert de chant choral, juste pour le plaisir de faire de la musique ensemble (et comme ça nous fait VRAIMENT plaisir, il y aura en outre cette fois-ci un nombre assez considérable d’invité(e)s surprise, toujours pour le plaisir de faire de la musique ensemble !).
    Ainsi va la vie, au gré des hasards et des rencontres : au début, j’avais seulement l’envie de faire un concert autour des Volkslieder de Brahms et de certains des plus beaux Motets de Bruckner… Ensuite, j’ai pensé à l’Adagio de Barber, puis au Magnificat de Bach, de là a germé l’idée des "4 B", qui a peu à peu évolué vers l’idée des "5 B", pour finalement se fixer dans la version que l’on sait… Par la suite, j’ai demandé sa participation à une violoncelliste de mes amies pour le continuo dans le Magnificat, et puis je me suis dit : "Après tout, pourquoi ne pas rajouter un alto et quelques deux violons, ça ferait déjà un petit quatuor" ? Et finalement, de fil en aiguille, l’idée a fini par s’imposer – pour équilibrer ce chœur d’une quinzaine de chanteuses (et de quelques pauvres chanteurs perdus au milieu) – de demander des participations à droite et à gauche, ce qui explique pourquoi nous sommes ce soir si nombreux sur cette scène (de 9 à 47 ans, et c’est tant mieux, si vous voulez mon avis !).
    L'an dernier, nous avions eu à coeur de vous offrir dans son intégralité Via Crucis, une oeuvre tardive, méconnue et cependant passionnante de Franz Liszt. Cette année, nous avons choisi d'honorer principalement les grands romantiques allemands et assimilés (Brahms & Bruckner, Bruch & Bloch), mais également le Pater fondator (Jean-Sébastien Bach), ainsi qu'un compositeur américain qui mériterait davantage d'attention (Samuel Barber), et aussi la plus géniale et la plus expérimentale des créatrices actuelles, Björk (Gundmungsdottir, de son vrai nom, soit en Islandais : la fille de Gundmund).

    1) ERNEST BLOCH (1880-1959)
    Prière, pour violoncelle et piano (Ingrid HWANG)
    Et précisément, ce concert débute de façon très intime par l’un de ces invités de dernière minute, compositeur et violoniste né en Suisse mais très vite immigré aux États-Unis (contrairement à une idée reçue, non pas en 1940 comme tant d’autres, mais en 1920), qui a toujours revendiqué sa "judaïcité", d’une façon anecdotique en marquant toutes ses éditions d’une étoile de David ostentatoire, mais aussi de façon plus profonde en empruntant au folklore yiddish ou hébraïque nombre de modes absolument typiques, que l’on retrouve (comme ici) dans ses pièces les plus intimistes, tout comme dans ses œuvres les plus ambitieuses (Schelomo).

    2) JOHANN SEBASTIAN BACH (1685-1750)
    Quia respexit humilitatem (Sarah KONE, Valéna DELVAL)
    Suscepit Israel puerum suum (Valéna DELVAL)
    Deux des grands points forts de son Magnificat, l'une de ses très rares oeuvres (avec la Messe en si) dédiée à la liturgie catholique, et donc pour une fois en latin. Tout d’abord une superbe aria pour mezzo-soprano, suivie par le fameux choeur Suscepit Israel puerum suum (bien que les deux morceaux ne s’enchaînent pas directement dans la version intégrale).
    Ce choeur pour voix de femmes s'avère absolument remarquable, d'une part car il est le seul de son espèce à l'intérieur de cette oeuvre magistrale, où tous les autres choeurs sont mixtes (bien sûr toujours via cette pensée symbolique typique de l'époque baroque, les enfants, puerum, étant affaire de femmes, comment mieux le traduire que par l'absence d'hommes dans ce choeur ?), d'autre part par sa structure canonique très marquée, là encore, un symbole clair de l'engendrement et de la procréation. Le Magnificat tout entier, ainsi que les Passions, regorgent de ces structures symboliques fascinantes au plus haut degré, à preuve l'exemple magnifique et "extrême" de la Johannes Passion, qui débute par les trois notes soli sol, ré, mi bémol, soit en allemand G, D, eS, "Gloria Deo Soli" ("À la Seule Gloire de Dieu")).

    3) ANTON BRUCKNER (1824-1896)
    Vexilla Regis
    Locus iste
    Virga Jesse
    Christus factus est
    Les Motets d'Anton Bruckner, quinze courtes pièces ne dépassant qu'exceptionnellement les cinq minutes de durée, couvrent esthétiquement toute la carrière créatrice du compositeur. Ils se rattachent à la fois au mouvement cécilien, marqué par un assainissement et un renouvellement de la musique sacrée par référence au style de la Renaissance, et à un langage harmonique manifestement hérité de Wagner. La piété, la foi chrétienne s’y expriment à travers des formes simples, et le texte latin y est régulièrement employé. Tout d'abord organiste du monastère de Saint-Florian (1845-1855), puis de la cathédrale de Linz (1856-1868), Bruckner devait tout naturellement composer pour le choeur des pièces à caractère liturgique.
    Le graduel Locus iste en ut majeur est la première oeuvre religieuse écrite par Bruckner à Vienne, où il fut nommé professeur et organiste de la Cour dès 1868. L’influence de Wagner y est encore très sensible, à tel point que tout le début du motet fait irrésistiblement penser aux harmonies de l’Ouverture de Tannhaüser. Sa première audition eut lieu toutefois sur la place de la cathédrale de Linz le 29 octobre 1869. Quant au Christus factus est, le plus complexe des quatre, Bruckner l'avait déjà mis en musique à deux reprises avant une dernière version en ré mineur pour quatre voix a cappella qui appartient au groupe des motets de la pleine maturité du compositeur. Il fut donné en première audition à Vienne le 9 novembre 1884.

    4) MAX BRUCH (1838-1920)
    Kol Nidrei, pour violoncelle et piano (Valéna DELVAL)
    D’après Idelsohn, "il y a très peu d’airs juifs traditionnels qui aient su à ce point attirer l'attention des compositeurs du siècle dernier (avant-dernier, du reste, en ce qui nous concerne). Innombrables en sont les arrangements pour voix et piano, voix et orgue, violon ou violoncelle et piano, et il n’y a même jusqu’aux premières mesures du mythique Quatorzième Quatuor de Beethoven qui ne puissent lui être assimilées". Max Bruch lui-même, dans une lettre au célèbre cantor et musicologue Edouard Birnbaum, écrivait en 1889 : "J’ai découvert le Kol Nidrei à Berlin auprès de la famille Lichtenstein. Bien que je sois de longue date converti à la religion protestante (N.B : tout comme Mendelssohn, son maître spirituel), j'ai profondément ressenti la beauté exceptionnelle de cette mélodie… Jeune homme déjà, je m’appliquais à étudier les folksongs de tous les pays avec un grand enthousiasme, car j’estime que le folksong est la source de toute vraie mélodie." Comme Bruch l’indique d’ailleurs plus loin dans sa lettre, il n'a jamais considéré son Kol Nidrei comme une composition juive, mais seulement comme un arrangement artistique d'un air folklorique.
    Fort heureusement, la musique, tout comme l’argent, n’a pas d’odeur, ni même de religion : et bien que les options et les partis pris de Bruch soient, en ce cas précis, à l’opposé même de ceux plus revendicatifs d’Ernest Bloch, la force émotionnelle de ce Kol Nidrei n’a rien à envier à l’œuvre de son cadet (à mettre en parallèle, d’ailleurs, à 150 ans de distance, avec le Magnificat ou la Messe en si catholiques du protestant Bach).

    5) JOHANNES BRAHMS (1833-1897)
    Nachtigall, sag, was für Grüß
    Den Himmel will ich klagen
    Es saß ein schneeweiß Vögelein
    Verstohlen geht der Mond auf
    Extraites du dernier cahier des Volkslieder (livre 7), ces pièces concluent à merveille l'Oeuvre de toute une vie, Brahms s'étant continuellement appliqué, en ceci quelque peu précurseur de Bartok, à collecter et harmoniser presque toutes les mélodies traditionnelles de son pays. Contrairement aux Lieder des livres précédents, tous pour voix soliste, ceux-ci sont fondés sur le principe archaïque de l'Antiphon, où le choeur ne se borne à chaque fois qu'à commenter un thème toujours préalablement exposé par un ou deux récitants((Vorsänger, littéralement "ceux qui chantent devant", autrement dit les solistes, dont le nom est mentionné entre parenthèses).
    Quatre chants populaires allemands, donc, sur des sujets tour à tour poétiques, amoureux ou tragiques, où Brahms ne s'est attaché qu'à une chose : réaliser l'harmonie... Mais c'est précisément là que l'on découvre son génie absolu, et son sens inné de la variation !

    6) SAMUEL BARBER (1910-1981)
    Agnus Dei (adagio)
    De très loin la pièce la plus célèbre de ce compositeur américain, à l'origine pour quatuor à cordes, mais transcrite par Barber lui-même pour choeur sous le titre d'Agnus Dei, sans doute sous l'emprise du succès. Si cette lente et sublime litanie vous rappelle quelque chose, ne vous inquiétez pas, c'est normal ! Ce thème ultra génial a servi de bande-son à au moins deux films magnifiques et célèbres : PLATOON, de Oliver Stone, et ELEPHANT MAN, de David Lynch (où d’ailleurs il illustre, dans un cas comme dans l’autre, le thème de la mort comme seule possible rédemption).

    7) BJÖRK (1965)
    Vökurò (Sarah KONE)

    L'une des grandes "vraies" créatrices de notre siècle (à mon humble avis bien plus passionnante que Boulez ou Xenakis), faisant la preuve à chaque CD de son inventivité et de son absolue versatilité (ce qui, en l'occurrence, est plutôt un compliment).
    Son dernier album, MEDULA ("La Moelle"), présente notamment un travail fascinant sur la voix, mêlant choeurs classiques, chants traditionnels d’origine Inuit, expériences de polyrythmie, etc., qui la place définitivement hors du circuit commercial traditionnel. C'est de cet album que nous extrayons Vökuró ("Veillée"), pour voix soliste et choeur mixte, sans doute pas le plus original de l'album, mais l'un des plus expressifs (et qui plus est, l'un des seuls à s'adapter sans effort à notre formation).
    THE “7B” PROJECT CHOIR :

    Sopranos :
    Tania KASSIS
    Runni LIANG
    Holy RAZAFINDRAZAKA
    Lin WU
    Michiko YASHIMICHI
    Chahrazade ZEIN

    Altos :
    Sarah KONÉ
    Aurélia MARCHAIS
    Caroline PAUL

    Ténor :
    Rodrigo FERREIRA

    Baryton :
    Olivier ARNOULT

    THE “7B” PROJECT STRINGS :

    Violons :
    Albane BAUDOUIN
    Constance DU BOISBAUDRY
    Lucie FOURET
    Adrienne HAMY
    Bérengère MOIN
    Raphaëlle MOREAU
    Lucie-Lou PIGNOT
    Emma WERNER

    Altos :
    Alexandre LABOUISE
    Emmanuel RAYNAUD

    Violoncelles :
    Valéna DELVAL
    Éléonore DU BOISBAUDRY
    Jacinthe HAMY
    Ingrid HWANG
    Hélène MOIN

    THE “7B” PROJECT FREAKS :

    Piano, direction :
    Vincent LAJOINIE
    Arrangements (Brahms, Barber et Björk) :
    Vincent LAJOINIE
    Édition musicale (Björk) :
    Charlotte PERREY
    Textes du programme :
    Vincent LAJOINIE, sauf l’article sur Bruckner, dû à François-René TRANCHEFORT (Éd. FAYARD).
    Remerciements :
    À Rodica BOGDANAS, Béatrice NOËL & Emmanuel RAYNAUD, pour leur travail avec les élèves et/ou le réglage (coups d’archets) des partitions.