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  • vendredi, juillet 01, 2005

    CONCERT AFGHAN (SUITE)

    Musicalement parlant, il est bon en effet de s'étendre un peu sur certains des points communs (et aussi des divergences) avec notre musique "classique" occidentale.
    1) Tout d'abord, presque tous les morceaux qui ont été joués à ce concert se terminaient généralement par deux ou trois coups très puissants des tablas, ce qui correspondrait assez justement à la tradition classique de conclure chaque morceau par deux ou trois accords ff et bien martelés.
    2) Par contre, et de façon tout à fait étonnante et agréable, ces gens-là ne séparent pas l'accord de l'instrument du reste de la musique. L'accord est déjà en lui même "musique", en quelque sorte, et le joueur de rebab, notamment, n'hésitait pas à se lancer dans de grandes improvisations initiales, tout en en profitant pour ajuster les très nombreuses chevilles de son instrument (à cause, notamment, des cordes "sympathiques"). Mieux même, les musiciens continuaient à s'accorder en cours de morceau, comme le faisait très souvent le joueur de tablas à l'aide de son petit marteau, tout en restant en plein dans le fil de la musique (ce n'est pas très évident, mais on le voit quand même assez clairement sur cette photo) :

    Quand je parle de "divergences", je me comprends. Il n'y a pas si longtemps - jusqu'à la Révolution, grosso modo -, cette tradition existait également chez nous (surtout pour les instruments à cordes et le clavecin), et c'est même la principale justification de ces pièces introductives des Suites, que l'on nommait "Préludes non mesurés", durant lesquelles pouvait s'effectuer l'accord de l'instrument tandis que l'instrumentiste improvisait plus ou moins à partir de ce cavenas plutôt libre (d'où le terme de "non mesuré"), exactement de la même façon que dans la musique afghane :

    Incidemment, ceci me permet en prime une petite digression en rapport avec le racisme ambiant : on peut toujours choisir de pointer les différence entre cultures, mais on peut aussi tenter de privilégier les points communs, ceux qui prouvent l'existence de comportements immanents et inhérents à l'homme d'un bout à l'autre de la planète, qu'il soit noir, jaune, rouge, vert ou blanc (la pire espèce !).

    3) Comme vous le savez, je n'aime pas bien dire du mal des gens, d'habitude, mais là, il y a quand même quelque chose que je suis bien obligé de signaler, juste pour signaler l'absolue résistance du milieu "classique" à quelque forme d'ouverture que ce soit. Car en effet, du fait que ce concert se soit déroulé à l'intérieur d'un conservatoire parisien, ces trois musiciens afghans avaient eu la courtoisie d'organiser vers 16h une sorte d'atelier, où tous les enfants pouvaient participer, histoire d'apprendre de nouveaux trucs, et même de jouer un petit peu avec eux, initiative vraiment cool, soit dit en passant...

    Alors bon. Que nombre de profs n'aient pas assisté à ce concert, après tout, ça se comprend (c'est très fatiguant, une journée entière de cours, surtout le mercredi, le jour des enfants), d'autant que nombre d'entre eux terminent souvent vers 20h30, voire 21h, et que le concert commençait à 19h30. Mais que sur sept profs de cordes, un seul ait fait passer l'information et encouragé tous ses élèves à y assister avec lui (par contre, tous les profs de percussion étaient là, bravo !), ce simple fait en dit à lui tout seul assez long sur l'état d'esprit de 90% des musiciens classiques, et j'ai beau faire partie de cette clique, je trouve ça vraiment lamentable de chez lamentable.

    Rhooh, mais c'est vrai, j'oubliais : c'est tellement plus excitant de faire travailler ces concertos à la con de Rhodes, Viotti, et autres Wienawski (je ne sais même pas pourquoi je mets des majuscules, là, l'habitude, sans doute) !

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