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  • vendredi, février 16, 2007

    ABOUT MUSEUMS

    Bien sûr, loin de moi l'idée de dire du mal des musées, dont un grand nombre furent créés au lendemain de la Révolution afin, justement, de ne pas limiter la contemplation des grandes oeuvres d'Art à quelques priviligiés fortunés. Louable intention, donc, mais qui a néanmoins sa contrepartie : c'est que rien ne remplace non plus, quelque part, la fréquentation quotidienne d'une oeuvre d'Art, lorsque le regard tranquille peut s'attarder à loisir sur ses moindres détails, sans se sentir gêné par la présence de nombreux autres tableaux ou une quelconque heure de fermeture. C'est ce qui m'arrive en ce moment avec le fameux Tryptique de Janus de Sat , que je viens de m'offrir pour mon anniversaire :

    C'est incroyable le nombre de petits détails que l'on peut remarquer lorsqu'on ne se sent pas pressé par le temps, à commencer par ce très étrange bestiaire qui compose le trône du Dieu Saturne (désolé pour la mauvaise qualité de certaines photos, il vaut mieux ne pas les agrandir, je crois) :

    J'adore ça, en fait, un peu comme chez Giger, finalement, cette sorte de fusion ambiguë entre le minéral et l'organique. Peut-être même s'agit-il d'une sorte de zodiaque, puisqu'on peut à loisir y reconnaître un bélier, un lion, un taureau (?)... Je vais me renseigner à ce sujet. Volontaire ou involontaire, j'y vois même par moment une sorte d'hommage à Picasso :

    Ce que je n'avais pas remarqué, lorsque j'admirais seulement ce triptyque sur son Blog, c'est entre autres le symbole astrologique de Saturne sur le visage du Dieu (même là, on a du mal à bien le voir, en fait) :

    Ainsi que le fait que la petite maison (ou église, malgré l'anachronisme, XD !) qui symbolise dans le second volet Janicule, la ville bâtie par Janus, se retrouve à l'identique dans la sphère que tous deux tiennent entre leurs mains dans le panneau de droite :

    Si vous aimez ce genre de tableaux, je vous signale d'ailleurs (une fois de plus, LOL !) que ces tirages sont à vendre pour la très modique somme de 60€ sur sa boutique, et qu'il n'y en a théoriquement que 35, à mon humble avis plus pour très longtemps (dix pour chaque volet du triptyque, et seulement cinq pour le triptyque entier sur une seule feuille, je dis "théoriquement", car je crois savoir qu'elle en a déjà vendu quelques-uns).

    Il faut toujours bien regarder, dans les tableaux de Sat, car c'est souvent truffé de petits détails ambigus qui peuvent passer pour une chose ou pour une autre, la preuve avec l'un de ses derniers Opus, Wings for Mary, magnifique :

    Dans lequel je n'avais pas remarqué tout de suite que ce qui pouvait, de prime abord, passer pour des colonnes ou pour des grandes orgues, était en réalité des mains :

    Alors bien sûr, il y a une chose qui est encore mieux que d'avoir une oeuvre d'Art à la maison, c'est de se lancer dans une copie, comme je l'avais fait il y a longtemps avec ce sublime Tiepolo, La Fuite en Égypte (celui-ci, c'est l'original, les trois autres proviennent de la copie, les différences de couleur étant surtout dues au vernis et à la photographie) :

    Je ne me rappelle plus combien de temps j'avais mis à l'époque, mais certainement entre une semaine et quinze jours, vu que c'était de l'huile. Et bien à force d'avoir un tableau devant les yeux et de le scruter dans les moindres détails pour en faire la copie la plus parfaite possible, c'est incroyable le nombre de choses que l'on apprend. Je ne parle même pas de la petitesse (tout à fait inhabituelle pour l'époque) des trois personnages principaux, surtout qu'on devine seulement - plutôt qu'on ne voit - le Christ :

    Ni même de la symbolique (ultra classique) de l'arbre surplombant le trio - image de la future croix -, présent dans presque toutes les Vierges à l'Enfant médiévales et de la Renaissance :

    Mais plutôt de choses plus cachées, dont je vous livre ma propre (et libre) interprétation. Il y a en effet sur la gauche (direction future du trio, suggérée par l'orientation du pont) trois montagnes brunes, terrestres (le Père, le Fils - qui procède du Père, cela se devine dans la forme des deux montagnes -, et le Saint-Esprit), ainsi qu'une gigantesque montagne blanche, céleste, qui semble englober les trois autres ("Car Dieu est Un et Indivisible) :

    Tandis que la blanche colombe (encore une fois, l'Esprit Saint, pourquoi pas ?) montre la bonne direction à suivre, le corbeau maléfique s'enfuit dans la direction opposée.

    Sur un pur plan graphique, on notera également l'équilibre magique de la composition entre les groupes de montagnes de gauche et ceux de droite, dans une même palette de couleurs, avec encore une fois la direction senestre suggérée par les rochers blancs du premier plan, de surcroît pile au nombre d'or (forme typique, au demeurant, des Dolomites, que Tiepolo, en bon vénitien, ne pouvait décemment ignorer).

    Vous voyez la différence ? Le même tableau dans un musée, c'est bien le diable si on s'attarderait dessus plus de 5 ou 10 minutes, généralement. Alors que toutes ces interprétations que je viens de vous proposer, non seulement ne me sont pas venues tout de suite à l'esprit, mais surtout ne se sont faites jour que très progressivement, jusqu'à ce que je finisse par les accepter comme des évidences.

    Et du reste, c'est assez typique du mode de pensée créatif de cette époque bénie du "baroque tardif" (entre 1680 et 1770), car il en va exactement de même avec les oeuvres de Bach : certes, à la première écoute, c'est (presque toujours) magnifique et séduisant, mais vous seriez effarés de découvrir, à la lecture des partitions, le nombre de petits détails symboliques qu'il a caché à l'intention de ses pairs (un seul exemple pour la route : les trois premières notes soli de la Passion selon Saint Jean, ré, mi bémol, sol - en allemand D, (e)S, G, autrement dit : Deo Soli Gloria, "à la seule gloire de Dieu").

    Pour les musiciens, plus d'infos ici (pfff... J'ai mal à la tête, là, après un Post comme celui-ci) !

    Update du 17/02 : YOUPIIIIIIII !!! On est (enfin) en vacances !!!

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    8 Comments:

    Anonymous Sat said...

    Je trouve ça génial le coup de Bach là..!
    c'est fort !

    vendredi, 16 février, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Mouaip... C'est rien de le dire, ça !

    vendredi, 16 février, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    D'autre part, comme chacun sait : "qui ne dit mot consent !". Adoncques, vu que l'artiste en question vient de passer sur ce Blog et n'a rien dit, je considère du coup que mes interprétations concernant le zodiaque du trône de Saturne et le petit hommage à Picasso sont bonnes (ou en tout cas, pas plus hérétiques que ça)...

    vendredi, 16 février, 2007  
    Blogger Touille said...

    une oeuvre d'art, tu l'interprètes comme tu veux, bonhomme, même si l'artiste est pas d'accord. Et toc ! Et moi j'adore les musées ; bon, je fais encore ma vieille chnoque sur le coup, mais ça m'est égal de passer en coup de vent devant (haha) des tableaux qui ne me disent rien, et de bloquer tout le monde en passant trois heures devant trois poires.(une heure pour chaque poire ^^). Je ne me suis jamais préoccupée de l'heure de fermeture, ni des groupes de bonnes femmes faisant hum hum, voilà, vive les musées, vive la liberté, amen ! Euh par contre, c'est pour ça que c'est un peu énervant de faire des visites avec moi :p Ah, et mon musée préféré, c'est la fondation giannada à Martigny, parce que toutes les oeuvres exposées le sont dans une seule et même pièce carrée, ce qui permet de se promener de l'une à l'autre avec une liberté géniale. Et comme j'ai pas les moyens de m'offrir tous les picassos de mes rêves, ben... ^^

    samedi, 17 février, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    "Bonhomme", non mais c'est quoi, ces familiarités ???
    Nan, j'déconne, XD...
    Bien sûr qu'on peut toujours avoir l'interprétation qu'on veut, mais certains artistes sont parfois très pointilleux sur le sens à donner à leurs tableaux, en disant : "j'ai fait ceci parce que cela, etc"...
    Moi, mon musée préféré, c'est le Jaquemard André, beau bâtiment, peu de toiles mais que des chefs-d'oeuvre (ou encore le Pozzi-Pezzoli à Milan - pas très sûr de l'orthographe, là - pour les mêmes raisons).

    samedi, 17 février, 2007  
    Blogger Touille said...

    bah encore heureux qu'ils aient voulu faire quelque chose, mais après, c'est comme pour un livre ou n'importe quelle oeuvre, ça leur échappe, ça appartient aux lecteurs/spectateurs/etc. Je conaissais une citation très chouette et très classe qui disait ça en substance, mais évidemment je me souviens plus de qui...

    samedi, 17 février, 2007  
    Anonymous vinya said...

    c'est vrai jai mis longtemps aussi pour voir que les "orgues" étaient en fait des mains ... j'adore ce genre de truc caché *___*

    (je ne dirai pas que ça me rappelle "Mais où est charlie?" ... non je ne l'ai pas dit mdr j'ai toujours aimé ça XD)

    jeudi, 22 février, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Oui, moi aussi j'adore... Y en a un qu'était très fort pour ce genre de trucs, c'est DALI !

    jeudi, 22 février, 2007  

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